Théâtre : FNTP, un événement diversement apprécié

Au quatrième jour du 14e Festival national du théâtre professionnel (FNTP) qui se poursuit au TNA, des spécialistes au cœur de l’événement livrent leurs appréciations. Ils relèvent les points positifs de la manifestation sans éluder ses insuffisances qu’il faut prendre en charge pour rehausser le niveau de la pratique théâtrale dans notre pays.
Pour le président du jury, Habib Boukhelifa, enseignant d’arts dramatiques et dramaturge, «il y a des troupes dont la participation est honorable et assez valable. Elles disposent d’une certaine expérience et d’un pouvoir de maîtrise de la scène». Notre interlocuteur dit avoir beaucoup d’espoir pour que notre théâtre investisse un espace plus important sur le plan thématique esthétique». Parlant des représentations, il y a dans l’ensemble, affirme-t-il «des spectacles qui révèlent de nets progrès dans l’actorat, la mise en scène, la scénographie et dans la conception des spectacles et l’approche de l’acte théâtral».
Abderrazak Boukebba, poète, journaliste et animateur de cafés littéraires, estime avant tout que «le retour du festival après une absence est acquis en soi». Le second point positif qu’il a relevé «est la diversité des spectacles et l’élargissement de la participation aux théâtres indépendants». Boukebba se félicite aussi de l’ouverture du festival à l’activité littéraire.
Le président de l’Association culturelle «Fassila» de Bordj Bou Arréridj qui a suivi les différentes pièces estime que «les thèmes traités jusqu’à présent n’ont rien d’original et charge revendicative par rapport à ceux des autres éditions». Il décèle une sorte de coupure entre la société qui pose de nouvelles problématiques qu’on ne retrouve pas dans les théâtres. «Les spectacles manquent d’audace sociopolitique et d’esprit critique», assène-t-il.
Présence assidue et importante des étudiants de l’ISMAS
Directeur du TNA et commissaire du FNTP, Mohamed Yahiaoui ne fait pas la fine bouche. «Cette édition se déroule dans une conjoncture exceptionnelle. Les théâtres ont connu une baisse d’activité durant la pandémie et n’ont pas présenté de nouvelles productions. Cette édition est en quelque sorte un comeback qui rompt avec le vide culturel», confie-t-il. Pour le professeur, Allaoui Hamid, universitaire et critique théâtral «ce n’était pas évident de pouvoir organiser un festival dans un contexte de crise sanitaire avec le peu de temps imparti à la préparation». Le résultat n’est pas pour autant déprimant. «L’édition se déroule très bien et peut même se révéler mieux que certaines éditions précédentes», proclame-t-il. Interrogé sur les spectacles, il a répondu que le niveau diffère d’une pièce à l’autre. Pour lui, il faut tenir compte de la courte durée de préparation et du manque de répétitions qui se sont répercutés forcément sur la qualité du jeu.
Les débats qui se tiennent, juste après chaque représentation réjouissent Allaoui séduit par la participation du public et des praticiens du théâtre, mais surtout par la présence assidue et importante des étudiants de l’Institut supérieur des métiers des arts du spectacle et de l’audiovisuel de Bordj el Kiffan (ISMAS). «Ils ont apporté la vigueur et la fraîcheur de la jeunesse avec des questions souvent pertinentes qui rendent optimiste quant à l’avenir du 4e art», souligne-t-il. Allaoui a enfin insisté sur la formation qui doit débuter, dés la prime enfance, pour avoir un public et des praticiens de qualité.
Hakim Metref