APN à 407 sièges, une décision opportune, selon les experts

La décision du Président de la République de revoir à la baisse le nombre de sièges à l’APN a été jugée importante par le juriste et membre du bureau de l’Autorité nationale indépendante des élections, Mohamed Seghir Saâdaoui.

«La réduction des sièges de l’Assemblée tient compte de l’instauration des dix nouvelles wilayas qui a changé les critères de représentativité et de distribution des sièges», a précisé le responsable, rappelant que le nombre d’habitants a augmenté. D’où cette décision de remodeler les dispositions ayant trait au nombre de sièges à combler au sein de l’APN.
Quelles sont les motivations de cette ordonnance présidentielle ? Saâdaoui a affirmé qu’il avait souhaité ce changement et avec la forme décidée par la plus haute autorité du pays. Et pour cause, «la représentativité au sein de l’APN a un caractère national et non local. Le député est élu pour un mandat national. Il doit être le porte-voix de tous les Algériens et non uniquement ceux de sa propre wilaya. Je cite l’exemple de la wilaya d’Alger. Le nombre de ses sièges passerait de 37 à 34. La question qui se pose est celle de savoir si ces sièges sont distribués sur l’ensemble des quartiers de la capitale. D’où ma proposition de revoir également cette question afin que chaque coin du pays puisse avoir un représentant au sein de l’Assemblée populaire nationale», a-t-il souligné. Dans ce sillage, il a suggéré la répartition des sièges en fonction de zones territoriales précises devant être partagées préalablement en fonction du nombre de sièges accordés à chaque wilaya.
Le constitutionnaliste Boudjemaâ Souileh a relevé, de son côté, que la décision du Président de la République a pour but de conformer la loi avec la densité démographique et l’espace territorial. Il a été question, d’après lui, de réduire les circonscriptions électorales non pour des raisons «politiques ou budgétivores» mais pour instaurer un certain équilibre avec le Conseil de la nation en termes de représentativité territoriale. «C’est une mesure technique liée à l’équilibre des institutions et des collectivités locales», a-t-il précisé.
Par ailleurs, pour le politologue Redouane Bouhidel, l’objectif de cette mesure est de réduire les dépenses de l’APN et d’améliorer surtout les prestations de cette institution constitutionnelle. Bouhidel a tenu à faire remarquer que le précédent nombre de députés a été déjà gonflé, soulignant qu’il dépasse de loin celui du Congrès des Etats-Unis. «Cette mesure sera de nature à réduire le système des quotas qui se jouait généralement dans les wilayas qui avaient le plus de sièges à pourvoir», a-t-il ajouté, souhaitant une autre réduction des sièges de certaines wilayas afin de consacrer un équilibre territorial proche de celui du Conseil de la nation. Bouhidel va plus loin en proposant même la réduction des salaires des députés afin de démasquer ceux qui sont motivés par les rémunérations faramineuses des élus de la nation.
Karima Alloun