APN : Les partis approuvent la décision de Tebboune

La révision à la baisse du nombre de sièges à l’Assemblée populaire nationale(APN), passant de462 sièges à 407, ainsi que la détermination des circonscriptions électorales n’a pas laissé indifférents les partis.

«Cette nouvelle ordonnance intervient pour corriger les déficits existants auparavant alors qu’il y avait un focus sur les régions urbaines uniquement», souligne le directeur de la communication du RND, Safi Arabi. De son avis, l’ordonnance présidentielle permettra d’avoir une véritable représentativité en rapport avec la géographie du pays. Interrogé sur la stratégie du parti par rapport à ces changements, Safi Arabi précise que le RND n’est pas un parvenu sur la scène politique. «Nous avons une expérience et des traditions dans la gestion des campagnes électorales et dans l’élaboration des listes», relève-t-il, avant de préciser : «Nous nous sommes préparés en amont pour mettre en place des listes électorales selon la vision du parti mais aussi en adéquation avec les électeurs, les animateurs du hirak et l’Algérie nouvelle.» A propos de la réduction du nombre de députés dans la future APN, il estime que c’est une chance pour recouvrer la confiance d’une institution parlementaire, qui n’était qu’une façade, afin qu’elle joue pleinement son rôle économique, politique et social.

Du côté du Front pour l’Algérie nouvelle (FAN), on salue la décision du chef de l’Etat.  «Je suis d’accord avec la décision de réduire le nombre de sièges à l’Assemblée. Nous avions un nombre pléthorique de députés», commente le président du parti, Djamel Benabdeslam. Par rapport aux circonscriptions électorales, le responsable  explique que cela ne pose aucun problème au FAN. «Nous sommes présents et aptes à participer dans les 64 circonscriptions.»

Même propos chez Jil El Jadid. «La réactualisation des sièges par wilaya est une démarche normale parce qu’il y a eu dix nouvelles wilayas et c’était difficile de désigner cinquante nouveaux députés pour les wilayas du Sud. Cela aurait créé un déséquilibre régional», notele chargé de communication du parti de Djilali Soufiane, Habib Brahmia, estimant bénéfique de passer à trois députés par wilaya. «Il y avait beaucoup de députés à l’Assemblée nationale», juge-t-il. Brahmia note que la réduction du nombre des élus permettra au Trésor public d’économiser de l’argent. «En ayant moins de députés, la future APN sera véritablement centrée sur le travail parlementaire avec sérieux, à contrario de l’ancienne législature, marquée surtout par  l’absentéisme des députés», rappelle-t-il.

Au mouvement El Bina, on estime qu’il aurait été préférable de créditer les wilayas du Sud de plus de sièges à l’Assemblée nationale. C’est ainsi que pour Salah Houcine, responsable de la communication du parti, il aurait été souhaitable que des wilayas comme Tindouf ou Tamanrasset aient plus de députés, histoire d’assurer la parité homme-femme. «Ce sera difficile justement de respecter cette parité avec un nombre impair de sièges», note le responsable. Estimant que certaines wilayas vont être lésées du fait de la diminution du nombre de leurs représentants à l’APN, il a cependant jugé que la mesure présidentielle n’aura pas d’impact négatif sur les élections législatives. A plus forte raison quand le parti est déjà structurellement organisé dans les nouvelles wilayas. «Nous avons des bureaux dans les 58 wilayas et nous sommes déjà prêts pour les élections.» Toutefois, à ses yeux, la réduction du nombre de sièges est «intéressante économiquement parlant compte tenu de la crise actuelle». Pour l’ancien député du MSP, Ahmed Cherifi, la diminution des sièges à l’Assemblée lésera les wilayas du Sud. «Je pense que trois élus par wilaya, ce n’est pas suffisant.» Et pour cause, «cela sera de nature à exacerber la compétition électorale autour d’un nombre de sièges limité».

Fatma-Zohra Hakem