Redéploiement de la diplomatie algérienne : Une stratégie offensive

Le redéploiement, tous azimuts, de la diplomatie algérienne se veut une manière de propulser l’activité diplomatique, laquelle sera épaulée par des envoyés spéciaux chargés de l’action internationale. Cette nouvelle stratégie répond aux défis et enjeux géopolitiques de l’heure de l’environnement international.

C’est ce qui ressort de la lecture de l’enseignant en sciences politiques, Idir Ghenaiet, concernant le vaste mouvement dans le corps diplomatique effectué par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. L’expert en relations internationales fait état d’une transition d’une stratégie «défensive» à celle «offensive et prospective».
«L’Algérie a toujours su réadapter sa diplomatie en fonction des développements que connaît la scène internationale tout en restant fidèle aux principaux axes de sa politique étrangère, à savoir le dialogue, le respect de la souveraineté des Etats et le non recours à la force. Le monde assiste ces derniers temps à des évolutions où certaines puissances font montre de vouloir renouer avec le chaos semé de par le monde. À partir de cette réalité, l’Algérie retrace l’architecture de sa diplomatie et passe d’une stratégie défensive à celle offensive», indique-t-il.
L’universitaire explique que ce redéploiement s’inscrit dans les dispositions de la Constitution de 2020 qui redéfinit également le rôle de l’armée nationale en dehors des frontières dans les opérations de maintien de la paix et la gestion des crises sécuritaires régionales. Il s’inscrit aussi dans le sillage des nouvelles missions assignées au département des Affaires étrangères dans le plan d’action du gouvernement remis au Parlement pour débat et approbation.
La diplomatie algérienne, note l’expert, se démarque par sa présence «tranquille» et «efficace» loin des manigances et des marchandages sous la table et dans les coulisses. Et ce mouvement au sein du corps diplomatique va, poursuit-il, dans ce sens pour propulser son efficacité.
L’expert en relations internationales étaye ses propos, en citant les visites africaines du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Il met en valeur sa médiation dans le dossier du barrage de la renaissance de l’Ethiopie, en plus de la reprise en main du dossier libyen avec le retour à l’approche algérienne dans le règlement du conflit inter-libyen qui perdure depuis 10ans.
 La diplomatie économique en appoint
Évoquant la diplomatie économique, Ghenaiet estime que la nouvelle orientation diplomatique mise sur la redynamisation de l’action économique de la diplomatie à travers la conquête de nouveaux marchés en Afrique de l’Ouest et l’impulsion de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Ce marché africain devant intégrer 55 Etats africainsest censé accélérer les échanges économiques entre les pays membres. Il s’agit également de jouer un rôle crucial, analyse-t-il, dans le mégaprojet économique chinois, à savoir la relance de la route de la soie. Ces «passerelles» répondent, dit-il, à l’orientation du gouvernement qui met le paquet sur la relance économique. «L’Algérie est en train de s’outiller en étant à la tête de la commission économique de l’Union africaine, outre la mise en œuvre les infrastructures nécessaires en ouvrant des points frontaliers facilitant les échanges commerciaux avec les pays voisins à l’image de la Mauritanie et de la Libye.», appuie-t-il.
 Aujourd’hui, l’Algérie gagne, grâce à sa diplomatie rationnelle, des points qu’ont perdus des puissances mondiales suite à «de faux pas» dans la gestion des crises sécuritaires, lesquelles ont exacerbé les tensions à travers leurs interventions militaires au lieu d’instaurer un climat de stabilité conclut-il.
A. Mehdid