Fête de la victoire : Les Algériens très attachés à leur Histoire

Le Hirak, la Révolution du sourire, le mouvement populaire de protestation…quelle que soit son appellation, les manifestations qui ont commencé le 16 février 2019 à Kherrata et Khenchela, et se sont propagées sur tout le territoire ont été une occasion pour les Algériens de s’exprimer sur l’avenir de leur pays.

Se caractérisant par une  créativité, politique, artistique et linguistique,  les marcheurs du vendredi se sont appropriés leur histoire, notamment les événements importants de  la Guerre de libération nationale et ses héros.

Durant les premières marches qui ont été enregistrées dans toutes les régions, à l’Ouest comme à l’Est en passant par le Centre, mais également dans les villes intérieures et le Grand Sud, les banderoles brandies et les pancartes soulevées avaient comme référence les mots d’ordres de la Révolution. Les portraits des chouhada ont eux aussi une place capitale dans le hirak. «Les Algériens, même s’ils adoptent différentes idéologies ou issus de plusieurs régions du pays, leur attachement à leur histoire, leur fidélité aux martyrs constituent des constantes de leur identité nationale. Nul ne pourra remettre en cause cette vérité, même les ennemis de notre pays», a estimé l’historien Mohamed LahcèneZeghidi.

De son côté, le chercheur en histoire, Amar Rekhila, a exprimé sa satisfaction quant aux rappels des dates anniversaire, événements et portraits des martyrs de la Révolution  et des extraits de la proclamation du 1er Novembre 1954 et de la Plateforme de la Soummam. «En dépit des orientations politiques qui ont primé sur les programmes scolaires depuis l’indépendance et l’instrumentalisation de l’histoire et la mémoire, les jeunes issus de cette école ont su décrypter la situation en brandissant des affiches dont le contenu traduit leur grand intérêt pour le passé», a expliqué Rekhila. Selon lui, ces manifestants, dans leur majorité jeunes et n’ayant pas vécu la colonisation, se projettent dans l’avenir tout en exprimant leur attachement à leur histoire et mémoire. Dans ce sillage, Zeghidi a rappelé la priorité accordée par le président de la République au dossier mémoriel.

Tebboune insiste sur le dossier mémoriel

«Le projet de l’Algérie Nouvelle est en marche. Le Président  en insistant sur le dossier mémoriel et en prenant des décisions dans ce sens, entre autres l’ouverture de la chaine TV Edhakira et l’instauration du 8 mai, Journée nationale  de la mémoire,  apporte une réponse aux jeunes manifestants assoiffés de connaître la vérité sur les événements marquant la guerre de libération et la période coloniale et au-delà», a-t-il fait remarquer. «Les portraits des martyrs et leurs noms scandés durant des mois sont une source d’inspiration et un leitmotiv pour les manifestants qui aspirent à une nation comme elle a été voulue et espérée par leurs aïeuls. A aucun moment, malgré les différends qui ont existé entre les manifestants, les chouhada ont été glorifiés et respectés pour leurs sacrifices», a relevé Rekhila, tout en notant que «les Algériens se sont mis une ligne rouge à ne jamais franchir».

Enfin, Zeghidi a rappelé la solidarité et la tolérance des Algériens envers plusieurs questions. «Quand il s’agit de notre pays, de son histoire et sa mémoire, le peuple algérien se dresse comme un seul homme», a-t-il reconnu.

Dire que les jeunes générations ne s’intéressent pas à l’histoire de leur pays est vraiment un affront. Les cortèges observés dans toutes les régions, les discussions dans les rues autour des faits d’armes des martyrs de la Révolution dénotent le contraire.

Karima Dehiles

 

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