Libye: L’UA appelée à parrainer la voie de la réconciliation nationale

La délégation libyenne à l’ONU a appelé l’Union africaine (UA) à parrainer immédiatement la voie de la réconciliation en Libye, estimant que «l’Afrique est la seule à pouvoir jouer ce rôle, en raison de ses expériences antérieures et de sa connaissance de la question libyenne et sa spécificité».

 

«Nous réitérons notre appel à l’Union africaine à parrainer immédiatement la voie de la réconciliation nationale et à ne pas attendre la permission pour cela, car l’Afrique est la seule à pouvoir jouer ce rôle, en raison de ses expériences antérieures et de sa connaissance de la question libyenne et sa spécificité», a souligné le représentant permanent de la Libye à l’ONU, Taher al-Sunni, dans son intervention devant le Conseil de sécurité. Selon M.al-Sunni, la crise libyenne a perduré non pas en raison des velléités des belligérants de partager le pouvoir ou d’occuper des postes, mais en raison des blessures qui ne sont pas cicatrisées depuis 2011.

«Le problème en Libye n’est pas de partager le pouvoir ni d’occuper des positions, le vrai problème est que les blessures ne sont pas cicatrisées depuis 2011», a soutenu le représentant permanent de la Libye, préconisant une solution renforçant la paix sociale. Le représentant libyen a mis l’accent, en outre, sur l’urgence de retirer tous les mercenaires et forces étrangères présentes en Libye. «La demande de sortie des forces étrangères, des mercenaires et des groupes armés de toutes sortes, et de ceux qui ne relèvent pas de la légitimité de l’Etat, est une revendication souveraine et patriotique sans faute». Le représentant permanent libyen a appelé, par ailleurs, «le Conseil de sécurité à envoyer un signal clair à tous que la priorité de toute nouvelle autorité est de répondre aux conclusions du Forum pour le dialogue politique, et au consensus salué par le peuple libyen et la communauté internationale, pour aller de l’avant». M. al-Sunni a appelé le Conseil de sécurité à respecter le fait «que la solution doit être détenue par les Libyens et dirigée par les Libyens, (…) et de rendre une décision qui confirme le cessez-le-feu, soutient la piste politique, tient pour responsables les fauteurs de troubles». «Le Conseil de sécurité doit octroyer un mandat aux Nations unies pour soutenir l’ensemble du processus électoral, assurer la transparence, l’intégrité et le respect des résultats, la liberté de participation de tous les Libyens, à l’intérieur et à l’extérieur. Accusés jeudi par Washington d’ingérence militaire en Libye, les Emirats arabes unis, ont assuré vendredi dernier dans un communiqué «être prêts» à coopérer «étroitement» avec le Conseil de sécurité de l’ONU et la nouvelle administration américaine pour une solution pacifique au conflit. «Il y a un besoin urgent de relancer les efforts diplomatiques pour résoudre le conflit en Libye», a souligné dans ce communiqué Lana Nusseibeh, ambassadrice des Emirats Arabes Unis auprès de l’ONU. «Les Emirats sont prêts à travailler étroitement avec tous les membres du Conseil de sécurité, incluant la nouvelle administration américaine, pour parvenir à un règlement pacifique pour le peuple libyen», a-t-elle ajouté. Par ailleurs, la délégation libyenne à l’ONU saisi cette opportunité pour décrier le gel des avoirs libyens à l’étranger et le silence du Conseil de sécurité sur cette question, indiquant «que la Libye saisira la Justice internationale et réclamera des indemnisations. Taher al-Sunni a indiqué que les autorités libyennes allaient déposer, dans les jours à venir, une requête pour préserver leurs avoirs à l’étranger et permettre leur investissement sans que le gel soit levé. M. al-Sunni a déclaré «ne pas comprendre le silence du Conseil de sécurité face à cette situation», décriant «une tentative de politisation». Le représentant libyen a accusé ouvertement la Belgique, où la Libye compte quelques 14,1 milliards d’euros de dépôts gelés, d’avoir tenté de séquestrer ces milliards d’euros». Il a appelé, dans le même contexte, «le Conseil de sécurité à mettre un terme à ces violations flagrantes», prévenant que «si ce dernier n’agit pas, la Libye saisira la justice internationale et réclamera des indemnisations».