La mémoire en socle de l’Algérie nouvelle

Le colonialisme est un crime contre l’humanité imprescriptible. Aux antipodes du révisionnisme prôné par les nostalgiques d’un passé révolu, du reste balayé par le président français, Emmanuel Macron, cette vérité historique est une exigence fondamentale pour la réappropriation totale de l’histoire en socle d’une Algérie libre et souveraine. Elle fonde la quintessence de la question mémorielle au cœur de la dynamique d’apaisement et de rapprochement aux avancées indéniables. La restitution des restes mortuaires des 24 symboles de la Résistance, la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans l’assassinat de Maurice Audin et d’Ali Boumendjel et la décision de procéder à l’ouverture des archives, appellent nécessairement à la consolidation de ce processus prometteur. Cet engagement ferme et résolu a été réitéré par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, déterminé à rapatrier tous les restes des chouhada, à faire la lumière sur le sort des disparus pendant la guerre d’indépendance et à tout faire pour permettre l’indemnisation des victimes des explosions nucléaires. Les acquis de la nouvelle Algérie sont indéniables. Dans un message, lu en son nom par le secrétaire général du ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, Larbi Rebika, lors des festivités commémorant le 59e anniversaire de la Fête de la victoire, le président de la République a exprimé sa volonté de s’engager dans la voie novembrienne et, «avec tout le sérieux et l’assiduité», à œuvrer pour la préservation de la mémoire nationale, favorisée par la création de la chaîne El Dhakira, dédiée à l’enseignement de l’histoire, et la proclamation de la Journée nationale célébrée le 8 mai de chaque année. Si, effectivement, les accords d’Evian ont scellé la victoire sur le colonialisme, l’un des plus barbares jamais connu dans l’humanité, il appartient à la nouvelle génération de défendre l’héritage d’une révolution qui a consacré l’inéluctabilité de l’indépendance, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale. A l’heure des velléités de déstabilisation, générées par la guerre de la 4e génération, le combat collectif qui a prévalu pendant la terrible pandémie interpelle la jeunesse et toutes les forces patriotiques pour conforter le rempart de la résistance. «Ma conviction est profonde que le peuple algérien, notamment les jeunes qui ont insufflé, par leur conscience, l’espoir d’une Algérie nouvelle, lors du hirak béni, se mobilisera pour l’édification de l’Etat de droit et des nouvelles institutions.» Face aux prêcheurs du chaos et de la discorde, infiltrés dans le néo-hirak de la contre-révolution, l’épreuve du 12 juin prochain sera décisive pour la construction d’un Etat fondé sur le choix libre des citoyens.
Horizons