Campagne électorale : Les partis comptent sur les cotisations des candidats et des militants

La nouvelle loi électorale contraint les candidats à la députation à désigner un trésorier de campagne, lequel sera chargé de présenter une comptabilité à l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie). Cette dernière se chargera, au travers d’une commission, de certifier les comptes de campagne. 

Mais cette règlementation, une première, sera-t-elle un obstacle pour les partis dans le financement de leurs campagnes ? « Non »,  lance le directeur de la communication au RND,  Safi Arabi, précisant que « nous comptons sur les candidats sur nos listes pour financer la campagne ».  Affirmant que ce financement se fera dans les limites de ce que prévoit la loi, le responsable tient à préciser qu’il sera question d’ « une rationalisation des défenses de manière optimale ».

Le président du Front de l’Algérie nouvelle (FAN), Djamel Benabdeslam,  compte également sur la cotisation des militants de son parti ainsi que l’apport financier des postulants. «Nous allons financer la campagne grâce à nos militants et les candidats de notre parti à travers des cotisations »,  note-t-il avant de préconiser la nécessité de « contrôler l’argent de la campagne». Selon lui, même si la loi électorale «comprend des articles extrêmement importants » et des mesures dissuasives, il n’en demeure pas que « sur le terrain », le contrôle peut s’avérer difficile. D’où sa proposition de « désigner une institution pour contrôler la source des financements avant même de comptabiliser les dépenses ». « Il faut éliminer l’argent sale des campagnes électorales. Il  faut arriver un jour à une campagne transparente, juste et propre », insiste-t-il  Insistant.

Même problématique posée par Ahmed Chérifi, membre de la direction du MSP. Selon lui, en dépit de l’existence d’une réglementation adéquate, cela n’exclut pas des dépassements sur le terrain. N’empêche à Jil Jadid on se félicite de l’existence de nouvelles mesures dans la loi électorale pour « détecter l’argent sale et contrôler le financement de la  campagne ».

« Dans notre parti nous n’avons  pas l’habitude de brasser de grandes sommes d’argent lors des campagnes électorales. D’habitudes nous ne dépensons pas beaucoup d’argents dans nos campagnes. On sort dans la rue, on parle aux gens dans les cafés et dans les espaces publics et cela ne requiert pas beaucoup de moyens « , soutient  le responsable de la communication du parti, Brahmia, précisant que le financement se fera via « les cotisations et donations des militants ». Idem s’agissant du mouvement El Binaa. Son directeur de la communication, Salah Houcine, note que « notre première ressource est celle des cotisations des militants qui donnent plus que leur participation habituelle, mais aussi grâce à l’aide des sympathisants».  Expliquant que « tous nos comptes sont transparents », le membre de la direction d’El Binaa, note que « plus il y a une réglementation, plus on est tranquille qu’il n’y ait pas d’argent de l’argent sale dans les campagnes électorales ».

Hakem Fatma Zohra