Exportations : Au cœur de l’Afrique

Le gouvernement a fait de la promotion des exportations hors hydrocarbures un choix stratégique  avec la perspective  d’atteindre, d’ici à la fin de l’année, un volume de 5 milliards de dollars, tout en mettant le cap sur le marché africain.

Une finalité qui semble être dans les cordes des pouvoirs publics, lesquels dressent le bilan des huit premiers mois de l’année en cours, faisant état de 2,9 milliards de dollars contre 1,34 en 2020, soit un taux de 118%.
Le secrétaire général par intérim auprès du ministère du Commerce et de la promotion des exportations, Elhadi Bakir affirme que plusieurs dispositions, d’ordre financier et logistique, ont été prises pour encourager et accompagner les exportateurs. « Nous avons mis en place une cellule d’écoute centrale chargée de suivre, au cas par cas, les exportateurs, en plus de la modification de la nomenclature des activités commerciales en permettant à tout opérateur public détenteur d’un registre de commerce d’exporter », indique Bakir.
Selon le SG, l’Etat ne s’est pas limité aux seules mesures administratives et décide de renforcer l’activité de l’export dans son aspect financier à travers le fonds spécial pour la promotion des exportations (FSPE).
 Aussi, l’Agence nationale de la promotion du commerce extérieur (Algex) s’est engagée, de plain-pied, dans la nouvelle stratégie et fournit aux exportateurs toutes les données nécessaires et relatives au paysage économique des marchés destinataires, précise-t-il.
Concernant le marché africain, le premier bilan établi par l’Algex fait ressortir 300 millions de dollars des recettes d’exportations réalisées vers l’Afrique, tandis que le commerce de troc frontalier a généré, à lui seul, un montant de 88 millions de dinars, contre 85 millions de dinars d’importation, lors du premier semestre de 2021.
Les dispositifs douanier et diplomatique réajustés 
Sur le plan douanier, une batterie de facilitations a été mise en place à même de réduire significativement les délais de dédouanement, ainsi que les frais en douanes, en plus de l’accompagnement des opérateurs économiques dans la prospection des marchés extérieurs.
« Nous avons mis en place une série de facilitations au profit de nos opérateurs économiques. Il s’agit de la possibilité d’informatisation de la déclaration de cargaison avant son arrivée, la simplification du transit, le dédouanement à domicile et la vérification sur site », fait savoir Adel Habsa, directeur de la législation et de la réglementation et des régimes douaniers.
 Et pour concrétiser un véritable essor du commerce extérieur, le gouvernement a décidé de nommer lors du redéploiement diplomatique entrepris récemment, des envoyés spéciaux chargés, entre autres, de la diplomatie économique, confiée à Abdelkrim Harchaoui. Il est  ancien ministre des Finance, et du Commerce, rompus aux grands dossiers économiques. De même que les missions diplomatiques et consulaires, ayant fait objet de réaménagement concernant 70 postes, seront renforcées par la mise en place d’un réseau interactif des chargés des affaires économiques et commerciale.
Les foires, un carrefour en faveur de l’échange transsaharien
Afin de jeter des ponts de et vers le marché africain, notamment après l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange africaine (Zlecaf), le ministère du Commerce a organisé plusieurs manifestations économiques à l’image du 1e salon Import-Export inter africain (Impex 2021) tenu en mai passé à Alger. Un espace qui se voulait en faveur de l’échange commercial, des partenariats ainsi que de l’investissement en présence des attachés commerciaux et des conseillers économiques des ambassades des pays africains en Algérie.
Au niveau des zones frontalières, deux manifestations ont été également organisées au courant de ce mois, à savoir la foire internationale d’El Moggar à Tindouf et le 1e salon national destiné au marché africain initié par l’Association nationale des commerçants et artisans à Adrar. Quant à Tamanrasset, elle abritera en novembre prochain l’Assihar dont les préparatifs sont déjà en cours. Cet espace commercial était le seul où l’on autorisait la pratique de troc frontalier avant sa réglementation en juillet 2020.
Ainsi, la relance de ces manifestations, après une léthargie imposée par la pandémie de la Covid-19, en dit long sur l’engagement des autorités publiques à se frayer un chemin vers l’Afrique, notamment, dans le Sahel à portée de main, mais aussi en Afrique de l’ouest, où beaucoup de concurrents sont fortement présents. Une conquête où l’exportation libre et le commerce de troc demeurent les deux « transactions clés » pour sa réussite, eu égard à la profondeur géographique et ethnique liant l’Algérie à ces voisins du sud. En somme, les professionnels estiment que se placer sur le marché africain est une exigence imposée par les mutations économiques mondiales, tant sa taille est importante  avec 1,5 milliards de consommateurs et un PIB combiné d’une valeur de 3 000 milliards de dollars. L’entrée en vigueur de  la Zlecaf visera principalement à concrétiser l’intégration continentale et mettre en place un tarif douanier commun pour tous les pays africains. Ce qui nécessite, de l’avis des spécialistes, la transformation et la commercialisation de la matière première en interne avant l’exportation.
Aziza Mehdid