Bonatiro : « L’activité sismique va se poursuivre »

L’activité sismique enregistrée ces derniers jours dans l’est du pays suscite beaucoup d’interrogations.

 Selon le directeur du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag), Abdelkrim Yellès Chaouche, «l’affrontement des plaques tectoniques africaines et euro-asiatiques entraîne aujourd’hui une sismicité qui se manifeste sur tout le pourtour méditerranéen et n’épargne aucune rive».
«La sismicité apparaît plus intense à partir de l’Italie vers la Turquie en passant par les îles grecques en raison de l’existence de zones dites de subduction où le plancher océanique méditerranéen plonge sous la plaque européenne», explique-t-il. «A l’ouest, renchérit-il, la sismicité est plus modérée même si quelques séismes importants ont pu parfois se produire en Espagne ou au Maghreb ».
Interrogé sur les politiques de prévention le responsable évoque la loi 04-20 contenant les principaux axes de la stratégie de notre pays dans ce domaine, Chafik Aïdi, docteur en géophysique et responsable du réseau national de la surveillance sismique au niveau du Craag, se veut aussi rassurant. Il qualifie l’activité sismique observée dernièrement  de «phénomène normal», du au rapprochement des deux plaques tectoniques africaine et eurasienne, dont la frontière se situe au nord de l’Algérie. Pour l’astrophysicien et président de l’Organisation nationale des innovateurs et de la recherche scientifique, Loth Bonatiro, le séisme survenu dernièrement à Béjaïa s’inscrit dans l’activité sismique et volcanique du bassin méditerranéen, qui a débuté en décembre dernier après une longue accalmie. «Nous l’avons prévu, il y a environ 6 mois», fait-il remarquer. «La reprise de l’activité géophysique n’est qu’à ses débuts. L’activité va se poursuivre dans les jours et mois à venir, dans les régions du bassin méditerranéen ; et ailleurs dans le monde ; avec des séismes successifs ou séparés», poursuit-il. «La  ligne sismique ou la plaque du continent africain avec sa semblable eurasienne passe à travers le fond du bassin méditerranéen d’Est en Ouest et rend tous les pays limitrophes vulnérables à cette nouvelle activité», met en garde Bonatiro.