Pas de pénurie d’huile de table, selon l’ANCA

L’huile de table ne fait l’objet d’aucune pénurie, selon l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA).

Mieux, les marchés de gros et les usines de transformation ont des stocks suffisants pour couvrir les besoins nationaux jusqu’à après le  Ramadhan. «Il est vrai qu’il y a un manque sur le marché du détail, à cause des perturbations dans la chaîne de distribution. Depuis que le ministère du Commerce a imposé la facturation, la marge bénéficiaire des distributeurs de l’huile de table s’en est trouvée réduite. L’offre sur le marché  étant supérieure à la demande, il en a résulté une pénurie en ce produit», explique le président de l’association, Hadj-Tahar Boulenouar, précisant que ce sont surtout les bidons de 5 litres qui posent problème. Avant que la facturation ne soit imposée, souligne-t-il, les distributeurs travaillaient sur la base de prix forfaitaires qui leur permettaient de toucher des marges bénéficiaires indépendamment des quantités distribuées. «Avec ce procédé, les distributeurs n’étaient pas perdants, mais avec la facturation, leur marge bénéficiaire n’est plus fixe et baisse quand les quantités distribuées ne sont pas importantes. Ce qui ne les arrange pas», indique-t-il.
L’autre raison du manque de ce produit sur le marché de détail est la demande qui a augmenté sur les bidons de 5 litres, dont le prix a atteint les 800 DA, de la part des producteurs de zlabiya et autres friandises en prévision du mois sacré. «Les producteurs auraient dû s’entendre avec les distributeurs en réduisant un leur marge bénéficiaire au profit de ces derniers. Cela aurait pu éviter les tensions sur les prix de l’huile de table. Mais maintenant que la demande sur l’huile de table est revenue pratiquement à la normale, les prix seront stables et finiront pas baisser même si l’on revient sur la facturation», soutient Boulenouar, appelant à la révision, en urgence, du système des subventions qui en pénalisant les commençants finissent pas impacter aussi les consommateurs.
Un non-événement pour l’Association El Aman
Pour le président de l’Association El-Aman pour la protection des consommateurs, Hacène Menouar, la crise de l’huile de table est à non événement. Il estime même que la hausse des prix de ce produit pourrait avoir un impact positif sur la santé des consommateurs. Car plus l’huile est chère, moins elle est consommée. Toujours, selon lui, ce sont les gros consommateurs de ce produit qui ressentent le plus la hausse cette hausse. «Il y a une forte prévalence de maladies dues à notre mode alimentaire», remarque-t-il, rappelant qu’il est à l’origine  de 50.000 nouveaux cas de cancer et de la hausse du nombre de diabétiques, d’hypertendus, de l’obésité. Toutefois, il soutient que le manque d’huile de table est «provoqué». «C’est un non-événement car nos inquiétudes sont autres. Ce qui nous préoccupe le plus, c’est de savoir pourquoi les consommateurs n’ont pas accès à l’huile d’olive alors qu’il y a mévente ? Et pourquoi les consommateurs ne s’en inquiètent pas alors que c’est un produit de santé par excellence ?».
Farida Belkhiri