Un vibrant hommage aux défenseurs des militants de la guerre de libération

Des militants nationalistes et avocats qui ont défendu les prisonniers de la guerre de libération et du mouvement nationaux ont été mis à l’honneur, ce mardi, lors d’une conférence-débat, animée par Me Fatma-Zohra Benbrahem et l’écrivain et chercheur en histoire Amar Benkhodja.

Organisée par l’association Machaâl Echahid conjointement avec le bâtonnat d’Alger, cette rencontre a été l’occasion de rappeler l’engagement et la détermination de ces hommes de loi à défendre les militants FLN-ALN et de tenir tête à la machine judiciaire coloniale. «Avant de commencer sa communication, Me Benbrahem à rendu hommage à la militante de la cause nationale d’origine européenne Yvette Maillot, sœur du martyr Henri Maillot, tous deux engagés dans la guerre de libération nationale. «Décédée, samedi dernier, au CHU Mustapha Pacha, Yvette Maillot a choisi de rester et de vivre parmi nous. Yvette Maillot a été arrêtée et torturée durant 49 jours d’affilée sans avouer ou dénoncer les noms de ses compagnons d’armes. Ce fut la plus longue durée constatée face à ses tortionnaires pendant la guerre», a rappelé Me Benbrahem. Revenant au thème de la conférence, l’intervenante a fait savoir que «le chahid Ali Boumendjel était engagé dans la guerre de libération et bien avant a œuvré à réunifier toutes les tendances politiques sous la bannière du Front de libération nationale». «Née dans une famille d’intellectuels, le 24 mai 1919, à Relizane, son père était un instituteur, avec qui Ali Boumendjela appris et apprécié le savoir et l’instruction. Brillant élève, il réussit à décrocher une bourse qui lui permet d’entrer au collège Duveyrier de Blida, où il rencontrera d’autres militants de la cause nationale, tels qu’Abane Ramdane, Benyoucef Benkhedda et Saâd Dahlab», a fait savoir Me Benbrahem.
Après le changement de stratégie de guerre opérée par la direction de la Révolution, dont Abane Ramdane et Ali Boumendjel étaient les initiateurs, en impliquant les grandes villes dans ce qui est appelé «la guerre urbaine», la bataille d’Alger en 1957 a été la période la plus sanguinaire de la vie de la Révolution. «Durant cette période, la Révolution a perdu beaucoup de ses illustres tête pensantes entre autres Ali Boumendjel, Ali La Pointe, Larbi Ben M’hidi. Le 23 mars 1957, Ali Boumendjel a été torturé et assassiné par Paul Aussaresses et ses hommes. Cet assassinat a été maquillé par un suicide pour échapper à d’éventuels interrogatoires ou enquêtes s’il y en avait», a-t-elle ajouté. Mais l’assassinat du chahid n’est pas passé sous silence du moment que son frère aîné Ahmed qui était pour lui un exemple à suivre, et son statut de cofondateur du Mouvement mondial pour la paix ainsi que ses confrères en Algérie et en Europe ont enquêté et cherché la vérité sur la mort de Boumendjel.
Amar Bentoumi, un fondateur
Une autre figure de ces avocats militants a été le moudjahid Amar Bentoumi, décédé le 29 mars 2013. Présentant sa biographie et son parcours durant la Révolution, l’écrivain Amar Ben Khodja décrit l’homme «comme un humble et un intellectuel de grande valeur». Amar Bentoumi a vu le jour à Constantine le 26 décembre 1923. «Pigiste à Alger Républicain (1945), avocat faisant la liaison entre la direction du FLN à Alger et Idir Aïssat, emprisonné (1956-1957), avocat de l’UGTA, ministre de la Justice et garde des Sceaux à l’indépendance, maître Bentoumi a beaucoup donné à la lutte de libération et à l’Algérie indépendante.
Et de poursuivre : «Avec Ramdane Abane, responsable FLN d’Alger, il participe le 16 février 1956 chez Boualem Bourouiba, à la réunion décisive de création de l’UGTA. Après l’élimination du premier secrétariat de la centrale syndicale, en mai 1956, il préside la réunion de travail qui désigne le second secrétariat, clandestin, de l’UGTA», a-t-il soutenu. N’échappant pas à la répression aveugle des parachutistes français, il fut arrêté, à son tour, en février 1957 et est assigné à résidence. Libéré en 1959, il rejoint clandestinement Tunis, où il collabore avec Embarek Djilani à la rédaction de l’Ouvrier algérien, l’organe de l’UGTA. «Après l’indépendance, Amar Bentoumi sera ministre de la Justice dans le gouvernement formé en septembre 1962. Il a laissé un héritage important, notamment des ouvrages dont ‘’Naissance de la justice algérienne’’ et ‘’Crime et infamie, la colonisation vécue par un Algérien (1923-1954)’’», a relevé l’historien.
Par ailleurs, Ben Khodja a cité d’autres avocats qui ont constitué des collectifs de défense des militants de la cause algérienne, entre autres Paul Vergès, Gisèle Halimi, Mourad Oussedik, et la liste est longue.
Karima Dehilès