Birmanie : Les manifestants à nouveau dans la rue

Des manifestants étaient à nouveau dans les  rues, ce lundi, dès l’aube en Birmanie malgré la sanglante répression samedi et dimanche derniers, qui a fait plus de cent morts, selon des médias.

Les manifestants sont sortis dans l’Etat Kachin (nord) et des étudiants sont descendus dans les rues à Monywa dans la région de Sagaing (centre) et Mawlamyine dans l’Etat Môn (Sud-Est), selon des médias locaux. Des centaines de personnes ont également manifesté à Plate, dans la région de Mandalay (centre), avec des banderoles assurant: «le peuple ne sera jamais vaincu». Parallèlement, les funérailles de victimes de la répression de samedidernier se  poursuivaient. Dans la région de Sagaing, des centaines de personnes ont rendu hommage à Thinzar Hein, une étudiante infirmière de 20 ans tuée par balle en venant aider des secouristes à soigner des manifestants blessés. L’armée birmane, qui a renversé le 1er février la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi, réprime les manifestations quotidiennes réclamant le retour de la démocratie et la libération des anciens dirigeants.
Durant la «journée des forces armées» samedi dernier, le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, a de nouveau justifié le putsch en invoquant des fraudes aux élections de novembre, remportées par le parti d’Aung San Suu Kyi, et promis de nouvelles élections.  Mais il a averti que les actes de «terrorisme qui peuvent nuire à la tranquillité et à la sécurité de l’Etat sont inacceptables».
Les Nations unies ont estimé à 107, dont sept enfants, le nombre de morts  samedi dernier lors des protestations massives organisées contre la junte qui paradait à la traditionnelle «journée des forces armées». Les médias locaux font état de 114 morts. La chaîne Myawaddy TV, gérée par l’armée, a fait état de 45 morts samedi dernier, justifiant la répression en affirmant que les manifestants avaient fait usage d’armes à feu et de bombes contre les forces de sécurité.
Au moins 459 personnes ont été tuées depuis le putsch, avec 13 morts dimanche dernier, selon le dernier bilan en date de l’Association pour l’assistance aux prisonniers politiques (AAPP), une ONG locale qui recense les victimes de la répression.