Kamel Nouicer, wali de Blida à Horizons : «Plus de 7.000 logements seront distribués le 1er novembre»

La wilaya de Blida a été touchée de plein fouet par la pandémie de la Covid-19 qui a pratiquement paralysé toutes les activités dans les secteurs agricole et industriel. Et en pleine crise sanitaire, la population a souffert d’une pénurie d’eau potable sans précédent. Avec la levée du confinement et le retour à la normale dans toutes les activités, la population espère voir son quotidien s’améliorer. La wilaya se  heurte aussi au problème de manque du foncier pour lancer la construction de logements. Le  wali de Blida parle dans cet entretien de toutes ces contraintes sans faux-fuyants. Il apporte aussi des précisions.

Blida retrouve son dynamisme après la levée totale du confinement. Comment  avez-vous  vécu cette crise ?
Elle a été très difficile. Qui peut supporter une telle situation ? Je tiens à saluer la population qui nous a aidés à surmonter cette grave crise sanitaire. Pendant la période du confinement, Blida était une wilaya pilote. La situation était très complexe, mais les habitants se sont montrés disciplinés et compréhensifs en respectant rigoureusement le protocole sanitaire. Nous n’avons enregistré aucun dépassement. Il y avait une adhésion totale de la population. Nous étions une référence en matière de gestion de la crise sanitaire.
 
Les habitants attendent avec impatience la distribution de logements. Prévoit-on des opérations pour ce 1er novembre. 
Le dossier du logement est très complexe à cause de la rareté du foncier dans la wilaya. Nous prévoyons toutefois, le 1er novembre prochain, des opérations de distribution de logements  qui concerne d’abord les 3.750 logements du pôle de Safsaf destiné aux souscripteurs du programme AADL 2001. Durant une année et demie, un travail titanesque a été effectué pour assainir et rendre viable le pôle qui s’étale sur 137 hectares. Plus de 4.000 logements du programme social locatif seront également répartis, et les bénéficiaires qui ont déjà reçu leur affectation, depuis deux ou trois ans, vont recevoir leurs clés.
Le projet de Safsaf a connu du retard dans sa réalisation…
Au  contraire, nous sommes en avance car le site devait être livré en juin 2022. Nous avons gagné une année malgré les inconvénients du confinement et la crise économique. Nous travaillons dans le silence. Justement, je saisis cette occasion pour remercier ceux qui nous ont encouragés et cru en nos promesses. Malheureusement, certains ont mal réagi et essayé de minimiser ces réalisations.
Les citoyens s’interrogent  sur les causes des retards…
Personne n’avait parié sur les deux pôles, à savoir ceux de Safsaf et Sidi Serhane. Les procédures administratives n’ont pas été faites.  En 18 mois, ces deux sites, qui n’avaient même pas d’enveloppe financière, sont devenus réalisables. Nous avons pu réunir l’argent et démarrer les travaux. Il était impossible de voir démarrer ces deux projets en 18 mois, sachant que Sidi Serhane possède une superficie de 95 hectares, et Safsaf, 137 hectares. Nous avons pu le faire en peu de temps, en réalisant les travaux d’assainissement, le branchement aux réseaux d’électricité, d’AEP, de gaz…
Le pôle de Sidi Serhane sera-t-il prêt pour sa livraison cette année ?
Les souscripteurs du pôle de Sidi Serhane, qui compte 3.500 logements et ceux du programme AADL du site de Bouarfa et Béni Tamou vont recevoir leurs logements avant la fin de l’année. Je tiens à préciser que les deux sites  ne concernent que les citoyens de Blida.
Y en aura de nouveaux programmes ?
Blida est la seule wilaya qui a bénéficié d’un nouveau programme de 1.000 logements de différentes formules. Nous aurions pu en avoir d’autres, si les assiettes foncières étaient disponibles. Malheureusement, il n’y avait pas de stratégie auparavant. On aurait pu dégager des terrains dans le programme de la nouvelle ville de Bouinan au profit des logements sociaux et précaires. Cette absence de stratégie nous a coûté cher. Dans un avenir proche, il y  aura une forte crise de logement.
Le manque d’assiettes foncières va toucher aussi le développement de la wilaya où plus de 3.000 demandes d’investissement attendant une réponse
La wilaya connaît un très grand retard en matière de foncier industriel. Rien n’a bougé depuis la création des zones industrielles et d’activités durant les années 1980. Aucune autre nouvelle zone n’a été créée. Le foncier industriel qu’on a pu récupérer à l’amiable ou par voie judiciaire  appartient en majorité aux anciennes entreprises publiques dissoutes au niveau de la commune de Béni Merad. Il se trouve en dehors de la zone industrielle. La superficie récupérée est faible par rapport à la forte demande. Ces assiettes seront mises à  la disposition de l’Agence nationale de gestion des zones industrielles qui verra bientôt le jour.
 
Le secteur de l’éducation accuse un déficit en matière de structures. Est-ce qu’il y a une solution au problème de surcharge des classes ?
Ce problème existe à cause de la rareté du foncier, notamment dans les quartiers à forte concentration d’habitants. Néanmoins, le secteur a connu une avancée considérable durant les deux dernières années. Nous avons réceptionné 10 lycées, 25 CEM, 60 groupements scolaires et réalisé des opérations d’extension dans 150 écoles primaires. Nous avons rouvert 120 cantines scolaires.
Le  secteur de l’enseignement supérieur  connait  aussi quelques problèmes en matière de structures d’accueil…
Pas du tout. Nous avons relancé tous les projets, notamment celui du village universitaire gelé depuis six années. La cité universitaire subit actuellement des travaux de réhabilitation. Au niveau du pôle universitaire d’El Affroun, nous avons réceptionné 8000 lits supplémentaires.
Y a- t-il une solution à la crise de l’eau potable dont souffre la wilaya ?
Il faut savoir que le manque de pluviosité dure depuis deux ou trois années.  Il faut changer surtout de stratégie. La solution ne réside pas dans l’utilisation ou l’exploitation des eaux souterraines, mais dans  la réalisation de stations de traitement des eaux. Nous attendons la réalisation de celle de Boudouaou qui va alimenter la wilaya de Blida avec une quantité de  150.000 m3/j. Cette importante quantité d’eau réglera le problème du manque d’eau dans la  partie est de la wilaya et dans des communes du Grand Blida. Nous avons dégagé aussi 120 milliards de centimes pour la réalisation de 24 nouveaux forages de de canalisations à partir de la commune de Chebli pour pouvoir alimenter les daïras de Larba et Bouinan.
Qu’en est-il du programme de développement des zones d’ombre ?
Ce programme a déjà été entamé, avec la réalisation de routes, de réseaux d’alimentation en électricité, gaz, eau potable. Des quartiers comme Belaouadi à Larba, Bensalah, Medjadji, El Bor , Meftah et Mouzaïa étaient auparavant dépourvues de tout.
Entretien réalisé par M. Benkeddada