L’Algérie pas directement impactée par le blocage du canal de Suez

L’Algérie n’a été pas impactée par la fermeture temporaire du passage maritime du canal de Suez, en Égypte, il y a une semaine, à cause de l’échouage d’un porte-conteneurs géant de plus de 22.000 tonnes.

La «reprise du trafic» est survenue ce lundi, suite au dégagement de celui-ci. «Non, il n’y a eu aucune incidence sur l’activité de nos ports», assure Djelloul Achour, P-DG du groupe des Services portuaires (Serport). Il explique que «les lignes maritimes qui fréquentent les ports algériens viennent de l’ouest, et non de l’est. Ils viennent des ports d’Anvers en Belgique, de Marseille en France et de Malte». Cet incident a perturbé, pourtant, fortement le trafic maritime mondial, et entraîné des retards dans la livraison de produits commerciaux et du pétrole. L’autorité égyptienne chargée de la gestion de cet important passage de bateaux a indiqué que le canal était suspendu jusqu’à nouvel ordre. Le canal de Suez, long de quelques 190 km, voit passer environ 10% du commerce maritime international et chaque journée d’indisponibilité entraîne d’importants retards et coûts. Au total, près de 400 navires étaient coincés, dimanche dernier, aux extrémités et au milieu du canal reliant la mer Rouge à la mer Méditerranée. Du point de vue économique, le Dr Abderrahmane Mebtoul, professeur des universités, expert international et économiste, et l’économiste Mahfoud Kaoubi affirment que l’Algérie n’est certes pas impactée directement par cette suspension, néanmoins, elle est touchée par le prix du cours de pétrole qui a augmenté de 2 à 3 dollars. «Il n’y a aucun impact direct sur l’Algérie. Notre pays a une destination essentielle du gaz et du pétrole. Surtout l’Europe et non l’Asie», indique Mebtoul. Pour lui, le pays le plus touché demeure l’Egypte, notamment en l’absence d’activité touristique car les échanges commerciaux à travers ce canal permettent au pays d’avoir des fonds en devises. Comme solution, Mebtoul préconise de contourner le passage à travers la mer noire «en attendant des jours meilleurs», surtout, a-t-il ajouté, que l’Egypte craint le déversement du pétrole dans cette route commerciale clé entre l’Europe et l’Asie. Se joignant à son confrère, l’économiste Mahfoud Kaoubi estime que l’Algérie n’est pas impactée directement par l’acheminement pour le court terme. Selon Kaoubi, le premier impact a concerné les cours du pétrole qui ont connu de brusques hausses depuis le début de l’incident. «Ce qui a perturbé les approvisionnements et la chaîne de valeur du transport maritime. Je pense que durant la semaine prochaine, les cours seront au même niveau que ceux de la clôture de cette semaine, soit 65 dollars le baril», a-t-il prévu avant de poursuivre : «Les opérations d’approvisionnement en marchandises et autres ne seront pas impactées dans la mesure où les opérations sont réalisées de manière cyclique.» Pour sa part, l’économiste M’hamed Hamidouche confie que cet incident a touché plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, précisant, cependant, qu’il est sans enjeux pour l’Algérie. «Nous avons plusieurs alternatives pour les échanges commerciaux», a-t-il rappelé. Les autorités du canal ont affirmé que l’Egypte perdait entre 12 et 14 millions de dollars par jour de fermeture. Près de 19.000 navires ont emprunté le canal en 2020, selon la SCA (autorité du canal de Suez).
Samira Sidhoum