Covidlong: Absence de suivi et de traçabilité

Des mois après leur contamination par le nouveau coronavirus, de nombreuses personnes souffrent encore d’asthénie, d’essoufflement, de céphalées, de faiblesse musculaire, de perte d’odorat et de goût et d’obnubilation.

«Souvent, les personnes ayant contracté le coronavirus disparaissent dans la nature sans un suivi médical», indique le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’épidémie de la Covid-19 et président du conseil national de l’Ordre des médecins. «Nous n’avons aucun suivi, ni de statistiques et encore moins de traçabilité concernant ces malades», précise-t-il. Le praticien regrette qu’il n’y ait pas eu de publication scientifique pour définir ces cas. «Combien souffrent des séquelles post-Covid et pendant combien de temps ? Nul ne le sait avec exactitude», nuance le Dr Berkani. Et de recommander de mener une étude pour connaître le taux de réactivité dans la population, le pourcentage des personnes positifs à la Covid-19 et les cas de Covid long. Parmi ces patients, Rahima. «J’ai été infectée il y a 8 mois. J’ai été hospitalisée et j’ai bien répondu au traitement, on m’avait soignée avec de la chloroquine. Ce n’est qu’à ma convalescence, soit un mois après avoir été contaminée, que j’ai senti de nouveaux symptômes. Je souffre actuellement de lésions cutanées que le médecin peine à cerner», raconte-t-elle. Un autre cas d’un patient atteint de forme longue de la Covid-19. Karim, la quarantaine, dit souffrir de troubles neurologiques. «La plupart des personnes de mon entourage qui ont choppé le virus se portent bien», témoigne-t-il, avant de s’interroger : «Je ne comprends pas pourquoi je développe des symptômes que même les médecins ne comprennent pas ?» Smaïn Zighed, médecin généraliste, diabétologue au CHU de Constantine, dira qu’il n’existe aucune structure hospitalière qui se charge des patients souffrant du Covid long. «Certes, je ne travaille pas dans une unité Covid,  mais, néanmoins, que le suivi d’un malade du coronavirus ne se fait pas. Généralement, on traite l’épisode aiguë, après, le malade est souvent en consultation chez différents médecins», explique-t-il. Selon le Dr Zighed, les autorités sanitaires devraient penser sérieusement au fait qu’entre 15 et 20% des malades atteints du coronavirus vont développer un Covid long. Se voulant rassurant, le chef du service des maladies infectieuses à l’EHS de Boufarik, le Dr Mohamed Yousfi, affirme que l’ensemble des patients ayant contracté la Covid-19 ont continué à être suivis dans les services de cette structure hospitalière. «Nous avons traité 4.000 patients et assuré leur prise en charge», soutient-il Notons que le Comité scientifique de suivi de la pandémie a mis en place un comité d’experts de différentes disciplines (pneumologue, internistes, dermatologues, radiologues, biologistes, etc.)pour le suivi de ces patients
Samira Sidhoum