Gestion des déchets : Acquis et perspectives

Plastique, papier, déchets organique, métaux, huiles usagées sont considérés comme une matière première de seconde main pour les entreprises spécialisées dans la collecte et le recyclage des déchets qui seront transformées en produits finis. 

Selon Mme Fatma Zohra Barça, directrice de la gestion intégrée des déchets à l’Agence nationale des déchets (AND),l’activité du recyclage enregistre une nette évolution qui est de l’ordre 40% entre 2014 et 2020. Pour ce qui des déchets dangereux et spéciaux dangereux, 40 unités unité de traitement soit une évolution de 44% entre 2018 et 2020. Selon elle, un total de 13,5 millions tonnes de déchets a été généré en 2020. Les déchets ménagers et assimilés (DMA) sont en tête de placement avec 49,30% du total puis les déchets inertes avec 48,99% alors que les déchets spéciaux et spéciaux dangereux représentent 1,50% soit 30 à 40.000 tonnes par an. Sur le modèle de gestion des déchets, la directrice a rappelé que l’Algérie a adopté la stratégie de gestion intégrée des déchets avec modèle de gestion linéaire. Pas moins de 50,61% sont des déchets organiques, le plastique représente 15,31%, les couches jetables 11,76% et le papier et carton 6,76%. Pas moins de 50% de ces déchets sont des matières composables et 30% de matière valorisable sèche. Pour ce qui est des déchets dangereux et spéciaux dangereux, en tête de liste les huiles de friture avec 459.942 tonnes suivi par les pneus usagés avec 318.077 tonnes, les huiles de moteur avec 194.314 tonnes, les batteries 69.050 tonnes. Le taux de valorisation des DMA ne représente que 10%. Le déchet a une valeur économique appréciable, «si on arrive à valoriser tous les déchets on aura un gain économique de l’ordre de 92 milliards de dinars par an. Il faut savoir que pour les déchets ménagers et assimilés, la commune est la première responsable de la collecte et le transport vers les lieux. L’Etat a mis en place depuis quelques années de nouveaux modes qui consistent en la concession de ce service. Le secteur compte une centaine centres d’enfouissement technique (CET), 17 EPIC de wilayas qui ont été créées à cet effet. Les communes peuvent aussi faire appel à des entreprises privées. Selon le registre national de commerce, plus de 3000 opérateurs interviennent dans collecte et le transport des déchets. En ce qui concerne les déchets spéciaux, les opérateurs obéissent à une réglementation spécifique avec un agrément du ministère de l’Environnement. Plus de 300 opérateurs sont spécialisés dans la collecte et le transport de ces déchets. Les efforts des autorités ont permis aussi l’éradication de 1700 dépotoirs et décharges sauvages sur les 3000 recensées et 20 grandes décharges réhabilitées ou en cours à Oued Semar, Alger, Karma à Oran, Annaba, Tiaret et autres.  Dans le cadre de la préservation de l’environnement, le législateur a mis en place une batterie de lois qualifiées par la responsable d’acquis.  Treize lois ont été promulguées dont une (loi 01-19) relative à la gestion, au contrôle et l’élimination des déchets. De ces lois émanent 192 textes réglementaires dont 35 sont consacrés à la gestion des déchets. Les objectifs principaux consistent à l’élimination des décharges sauvages, l’organisation de l’activité de collecte, le transport et l’élimination des déchets en respectant l’environnement et l’hygiène du milieu. «La mise en place de ce programme se veut une démarche intégrée, graduelle et progressive afin d’améliorer et d’optimiser la gestion des déchets, l’amélioration du cadre de vie du citoyen, de sa santé et l’élimination saine, la valorisation des déchets recyclables et la création d’emplois verts», a-t-elle dit.
Encourager le tri sélectif
Pour ce qui est du Plan national de gestion des déchets spéciaux (Pnagdes) élaboré en 2002, dont l’actuation est en cours de finalisation par l’AND, il permet de tracer des orientations et de chercher des solutions adaptées à tous les niveaux du processus de gestion des déchets spéciaux de la collecte jusqu’à l’élimination finale. Le Pnagdes permet l’établissement d’un inventaire des quantités produites annuellement sur tout le territoire national et le volume provisoire en stock. Il faut savoir aussi que le ministère de l’Environnement a élaboré une stratégie nationale de la gestion intégrée des déchets à l’horizon 2035(SNGID 2035). Selon elle, toutes les entraves et problèmes rencontrés ne sont pas un frein pour aller de l’avant en pensant à une nouvelle vision. Les objectifs principaux ont été tracés par les autorités à savoir la prévention de la génération des déchets qui ne doit pas dépasser 1,1kg/habitant. L’encouragement du tri sélectif est d’arriver à un taux de valorisation de 30% des déchets ménagers, 30% pour les déchets spéciaux et 50% pour les déchets inertes à l’horizon 2035. En 2035, les déchets résiduels seront tous enfouis dans des CET répondant aux standards internationaux pour le traitement des lixiviats et la récupération du biozag. Le volume des déchets à enfouir sera réduit de plus de 40% soit 20 millions de tonnes environs. Il sera aussi question d’appliquer le principe pollueur-payeur. Celui qui génère les déchets devra payer les coûts de gestion via la responsabilité élargie des producteurs, des redevances variables, écotaxes et des taxes d’enfouissement. Près de 30.000 postes d’emplois directs et 70.000 postes indirects seront créés à l’horizon 2035.
Dossier réalisé par Samira Belabed