Les déchets toxiques et hospitaliers posent problème

La problématique de la gestion des déchets d’activité de soins (DAS) est toujours d’actualité. Les activités de soins permettent de sauver des vies, mais ces actes sont sans effets pour l’environnement.

Les déchets générés par cette activité peuvent provoquer des effets négatifs sur la santé publique. Selon les chiffres avancés par l’Agence nationale des déchets (AND), les quantités produites annuellement s’élèvent à 40.000 tonnes générés par plus 38.131 établissements. 53 entreprises de collecte et 13 sociétés spécialisées dans le traitement des déchets hospitaliers avec une capacité de traitement de 47.000 tonnes par an. En cette crise sanitaire due pandémie à la Covid-19, les quantités produites ont connu une augmentation d’environ 25 à 30%.  Selon Mme Assia Haddar, chef département déchets spéciaux et dangereux à l’AND, a estimé que malgré les efforts des ministères de l’Environnement et de la Santé, la gestion des déchets hospitaliers ne sont pas traités d’une façon correcte à commencer du tri où il est remarqué l’absence de l’application des recommandations du tri en mettant chaque déchet dans un sac en couleur qui lui est réservé. «Dans la plupart des établissements que nous avons visités nous avons constaté l’absence du respect des couleurs par exemple des sachets en couleur rouge réservé au déchet toxique donc le praticien est dans l’obligation d’utiliser les autres sacs réserver à d’autres déchets», a-t-elle dit. Selon les dispositifs du décret exécutif n°03-478 de décembre 2003 définissant les modalités de gestion des déchets d’activités de soins et dans article 6, les déchets anatomiques doivent être pré-collectés dans des sachets plastiques de couleur verte et à usage unique.
Les déchets d’activités de soins doivent être triés à la source
Les déchets infectieux (Article 9) doivent être pré-collectés dans des sachets plastiques d’une épaisseur minimale de 0,1 mm, à usage unique, de couleur jaune, résistants et solides et ne dégageant pas de chlore lors de l’incinération. Quand aux déchets toxiques, ils doivent être pré-collectés dans des sachets plastiques de couleur rouge à usage unique, résistants et solides, et ne dégageant pas de chlore lors de l’incinération stipule le même décret dans son article 11. Les déchets d’activités de soins doivent être triés à la source, de façon à ce qu’ils ne soient ni mélangés aux déchets ménagers et assimilés, ni mélangés entre eux. «Nous avons constaté que la plupart des hôpitaux ne disposent pas d’endroit et bacs à ordure spéciales pour stocker momentanément ces déchets, il trainement dans des couloirs et salles d’eau», a-t-elle ajouté. Un autre problème soulevé par la responsable est lié au transport des déchets hospitaliers qui sont transportés à la main par les agents de nettoyage jusqu’au lieu de stockage final où il est relevé aussi l’absence totale du respect du protocole de stockage. Des sacs sont déposés dans la cour des hôpitaux ou dans des bacs non fermés mélangé avec des déchets non dangereux.  Au volet traitement, Mme Haddar a évoqué le problème de gaz rejeté lors de l’opération d’incinération qui n’est pas sans risque pour la santé publique.  Pour une gestion efficace des déchets hospitaliers, la responsable a fait savoir qu’un guide national a été publié conjointement par les ministères de l’Environnement et de la Santé sur la gestion des déchets d’activités de soins.  Le but est d’aider les acteurs et toutes les parties prenantes à la mise en place des bases opérationnelles pour une gestion efficiente et adaptée des DAS en conformité avec la réglementation en vigueur et les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Par ailleurs, Mme Fatma ZohraBarça, directrice de la gestion intégrée des déchets à l’AND a fait savoir qu’en ce contexte de pandémie de Covid-19, l’accent doit être mis sur la sensibilisation pour que ces déchets ne finissent pas dans la nature. Selon elle la plus grande quantité de ces déchets est jetée dans la mer à savoir les masques, bavettes et autres déchets hospitaliers, causé essentiellement par le non-respect du tri au niveau des structures de santé. «C’est la première fois qu’on enregistre autant de déchets hospitaliers en milieu marin avec une moyens de 19 bavettes par 100 m2, alors vous pouvez imaginer le nombre total sur tout le littoral», a-t-elle dit.
Samira B.