Une virée au marché de gros de Semmar (Alger)…

Les produits alimentaires, en hausse depuis quelques semaines, connaîtront une stabilité des prix durant le mois sacré de Ramadhan. Le constat a été fait,  ce mardi, par plusieurs commerçants au marché de gros de Semmar, à Alger.

Interrogés sur une éventuelle augmentation des prix des produits alimentaires, les commerçants semblent s’être donné le mot. Ils sont même unanimes. Les prix n’augmenteront pas durant le mois sacré. Toutefois, nombreux s’attendent à une flambée des prix après l’Aïd El Fitr. «Les prix se stabiliseront durant les prochaines semaines. Selon nos prévisions, cela se poursuivra jusqu’à la fin du mois prochain», assure Kacem Mesbah. Il prévoit que la hausse touchera les pâtes et les légumes secs, selon les prévisions du marché international. «La dévaluation du dinar continue et les frais de transport des marchandises également. A ce rythme, il ne s’agit plus de spéculation», ajoute-t-il. Un autre grossiste s’en lave les mains. «Point de hausse durant le Ramadhan», affirme Mahdi. Il estime que si spéculation il y a, ce sera au niveau des petits commerces. «Nous recevons des agents de contrôle deux jours par semaine. Tout est transparent et nous n’avons rien à cacher», ajoute-t-il. Abderezzak Ouadi, commerçant dans le même marché, estime quant à lui que la spéculation n’est plus une raison valable. «Les matières premières ont connu une hausse des prix à l’échelle mondiale et l’augmentation se poursuit. Les produits issus de la production locale seront irrémédiablement impactés», précise-t-il. Dans ce sens, le grossiste appelle les autorités compétentes à adopter une politique sociale à même de freiner la dégringolade de la monnaie nationale pour protéger le pouvoir d’achat. «On reproche aux grossistes d’augmenter les prix. Or, nous les fixons en fonction des coûts de chaque marchandise. Si les industriels augmentent leurs tarifications, il est logique que nous ne pouvons garder les mêmes prix. Nous nous adoptons au marché avec des marges infimes», poursuit-il. Il estime que les retombées économiques de la Covid-19 ne se sont pas encore fait sentir. «Il y a des stocks et une production nationale qui peine à garder le cap, mais nous nous en sortons. A l’échelle mondiale, tout est chamboulé et les industriels revoient leur stratégie économique pour s’adapter. Nous devons faire de même pour éviter de sombrer dans la crise», indique-t-il. Le grossiste fait également remarquer que le marché est gangréné par l’informel. «C’est au niveau des petits commerçants qu’il faut sévir. Les prix pratiqués ne sont pas affichés et tout se vend à la tête du client», précise-t-il. Il estime qu’un travail de fond doit être effectué au niveau des épiceries, notamment en termes de conformité au registre du commerce. Enfin, selon le grossiste, la demande a fortement diminué. «En 2020, nous avons vendu beaucoup moins de marchandises qu’en 2019. La consommation a fortement chuté, les commerçants n’ont pas travaillé normalement. Le marché a été fortement bouleversé. Le premier trimestre 2021 a été plus désastreux. Tout est à l’arrêt. Les produits se vendent au compte-goutte et les prix sont chers», déplore-t-il. Il assure toutefois que les produits de première nécessité et de large consommation sont disponibles et leurs prix ne seront pas revus à la hausse durant le mois sacré.
Walid Souahi