S. Five Groupe, une start-up pour protéger l’environnement

Très sensible aux dégâts causés par les changements climatiques et passionné par tout ce qui a trait à l’environnement, le P-dg de  S. Five Groupe, Abdelghani Seffal, a investi toute son énergie, son expérience et son savoir faire dans la création de cette entreprise pour contribuer à limiter les préjudices écologiques.

Très motivé par cette noble cause et avant d’entamer le processus entrepreneurial, il a commencé par étudier les solutions déjà apportées  dans ce domaine et les enrichir par des services à valeur ajoutée. «En fait, avant la création de cette entreprise, j’avais déjà tenté une expérience dans l’entreprenariat en 2002. J’avais créé une entreprise dans le secteur manufacturier. Toutefois, comme j’étais très jeune à l’époque, et vu les grandes contraintes auxquelles j’étais confronté, cette première expérience n’a pas duré longtemps. Mais je n’avais pas baissé les bras pour autant et j’étais  décidé à renouveler cette expérience quand le moment serait plus propice», confie-t-il. C’est ainsi que quatre ans plus tard, il a lancé un autre projet entrepreneurial, «plus mature», selon lui, et dont la finalité est de servir non seulement les citoyens algériens, mais l’humanité d’une façon générale dans le domaine de l’environnement. «Mon intérêt pour l’environnement m’a poussé naturellement vers ce créneau pour bâtir mon entreprise, S. Five Groupe. Dès que j’ai eu cette idée, j’ai entamé une étude du marché. J’ai commencé à réfléchir de quelle façon appréhender ce dernier et comment contribuer pour limiter l’ampleur des dégâts causés par les changements climatiques», rapporte-t-il. Son savoir faire dans le domaine informatique lui a ouvert plus facilement le chemin de l’innovation. Il a veillé, toutefois, à s’instruire dans le domaine de l’environnement pour éviter les mauvaises surprises. Fort des leçons tirées de sa première expérience dans l’entreprenariat, il s’est employé à suivre de multiples formations en Algérie et à l’étranger pour parfaire son cursus et se familiariser avec les rouages de l’entreprenariat.
Une question de mentalité
«En matière d’informatique, je suis autodidacte. Je me suis toujours passionné pour les TIC et dès mon jeune âge, je me suis mis à la création de jeux et des applications. J’étais codeur et programmateur. Quand j’ai obtenu mon bac, j’ai choisi le droit pour des raisons purement familiales, mais je n’ai pas pu aller jusqu’au bout et achever mes études en droit. J’étais orienté beaucoup plus vers l’informatique et le digital», se rappelle-t-il. Le P-dg de S. Five Groupe, cela dit, ne s’est pas limité à l’apprentissage des TIC. Sa formation est un patchwork de plusieurs disciplines, la mécanique, la fabrication additive et la physique notamment. «A partir de l’an 2000, j’ai effectué un bon nombre de voyages à l’étranger pour suivre des formations et avoir une idée des nouveautés en matière de développement à l’échelle internationale. Aussi, j’ai suivi des petites formations dans plusieurs universités, comme  Harvard,  Berkeley, Mit, Hong Kong University, dans différents domaines comme celui du productique, de la fabrication additive, de la mécanique, de la physique, de l’informatique et de la cyber sécurité», se souvient-il. Néanmoins, pour mener à bien son entreprise, il a effectué aussi des formations dans l’environnement, sur le développement durable, sur tous les accords et conventions internationales du droit de la mer et sur le droit international de l’environnement à l’université d’Alger. «Quand j’ai lancé mon entreprise, j’ai fais face, certes, à des contraintes administratives. Cependant, le plus dur pour moi, c’était de savoir comment placer mes idées innovantes dans un marché qui était réticent à toute forme de changement. On était confronté principalement à un problème de mentalité et on avait du mal à convaincre les pouvoirs publics comme les administrations sur les bienfaits de nos solutions sur l’environnement et leurs aptitudes à régler plusieurs problèmes dans ce domaine. Il y avait une résistance telle qu’on avait fini par penser que ce n’était pas le moment de lancer une entreprise dans ce domaine !», se rappelle-t-il.
Présente sur le territoire national 
Par ailleurs, alors qu’il tentait de convaincre ses clients du bien porté de son projet, il devait également se positionner dans un marché monopolisé par des importateurs qui avaient, sous leurs coupes, la plupart des projets dans le domaine choisi par cette entreprise, à savoir, l’hydraulique et le traitement des eaux. «S.Five Groupe s’est spécialisée, en effet, dans le domaine hydraulique, plus précisément dans le traitement des eaux usées urbaines et industrielles, et ce, en tant que concepteur et fabricant des équipements hydromécaniques. On s’est engagé  à fournir des produits de qualité supérieure, robustes et fiables tels que les dégrilleurs, les tamis rotatifs et statiques et les classificateurs à sables pour la séparation des solides-liquides», fait il savoir. La startup fabrique également des  vannes murales et des clapets anti-retour pour obturation, des ponts dessaleurs et dégraisseur ainsi que des ponts racleurs utilisés dans la phase de traitement des eaux dans les stations d’épuration. «Au départ, on se contenait de fabriquer des petits équipements sur des zones limitées, mais par la suite, on a commencé à élargir notre gamme de produits, les équipements, par exemple, des stations d’épurations liées au rejet de nature urbaine principalement», précise-t-il. Aujourd’hui, à force de travail et d’innovation, la startup a réussi à se positionner sur le marché où des concurrents locaux sont quasiment absents, et à être présent sur tout le territoire national.
Farida Belkhiri