Nour Chiraz (artiste-peintre) : «L’art est une thérapie»

Depuis 2020, Nour Chiraz est responsable de la galerie d’art du théâtre national (TNA). Auparavant, elle a connu un parcours où l’art ne se réduisait pas uniquement à une expression esthétique. Il était aussi une manière d’être et de vivre avec laquelle se sont forgé sa personnalité et sa perception du monde qui l’entoure.

Au commencement le dessin était son seul moyen d’expression. Adolescente, elle avait très peu recours à la parole mais passait son temps à «dessiner» des yeux :«Cette obsession pour l’œil était pour moi une façon de dire que je ne voyais pas les choses de la vie de la même manière que les autres», confie-t- elle. Dans un monde où elle ressentait un malaise, elle avait alors créé le sien, habité par ses idoles et par ses dessins. C’est lors d’une exposition, en 1988, sur la lutte contre la toxicomanie qu’un  déclic se produisit. Elle rencontre Zouaoui Chouaïb, professeur de dessin dans un centré culturel à Bachdjerrah, qui avait participé à l’exposition. Après le bac, elle décide de s’inscrire à ses cours et découvre enfin cet univers qui la fascinait depuis longtemps. Sous l’œil connaisseur de son «mentor», elle perfectionne sa technique et sa maîtrise du détail. Convaincue que le dessin était une passion et non un passe-temps, elle fréquentera plusieurs ateliers pour apprendre et surtout  perfectionner son expression, son trait, tout en poursuivant des études en informatique. En 1995, elle s’inscrit à l’école des beaux-arts d’Alger où elle obtient 3 ans après son diplôme. C’est juste après qu’elle se met à enseigner dans des centres de jeunesse tout en exerçant le métier de professeur d’informatique dans des écoles privées. Elle enseigne actuellement les deux spécialités dans un collège.
Passion pour l’humain
En plus du dessin, Nour Chiraz cultive une autre passion, l’écriture. Elle arpente  un univers de fantaisie et de magie. Elle a écrit près 80 textes et laisse libre cours à son imagination nourrie par la magie du cinéma mondial. En 2004, lors d’une expo au TNA, elle rencontre le dramaturge Ahmed Benaïssa puis Ziani Cherif Ayad . L’un et l’autre lui conseillent de perfectionner son écriture. Encouragée, elle s’inscrit à des ateliers d’écriture dramatique lors du festival national du théâtre en 2006. Nour ne s’arrête pas là et s’implique dans l’action humanitaire. Inspirée par sa mère éducatrice et spécialisée en organisation familiale, elle consacre son temps libre à enseigner l’informatique et le dessin à des enfants aux besoins spécifiques, dans des associations. Cette passion pour l’humain se traduit également dans son art qui, dit-elle, est indissociable de l’action humanitaire. Elle a déjà consacré plus de 50 expositions, collectives ou individuelles, à la maltraitance de l’enfant et de la femme, la cécité, la toxicomanie, l’handicap et d’autres sujets en lien avec les maux de la société. «Au-delà de l’esthétique et du beau, l’art est tout d’abord un acte thérapeutique, il doit servir à soulager la douleur des êtres humains et soutenir le combat de ceux qui souffrent pour une raison ou une autre», soutient-elle. En sa qualité de responsable de la galerie du TNA, Nour Chiraz a invité plus de 40 artistes pour une exposition collective ou se côtoieront professionnels et débutants. La tenue de la manifestation est retardée par la rénovation des lieux. Outre les expos, la galerie abrite des ateliers d’arts plastiques et dramatiques, des workshops en présence de critiques d’art et de conseillers artistiques.
Hakim Metref