«Je me suis mordue la langue», de Nina Khada : Un film sur la quête identitaire

La jeune cinéaste franco-algérienne Nina Khada a décroché, récemment le Poulain d’argent du court- métrage documentaire lors du 27e le Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco) pour son dernier film «Je me suis mordue la langue» d’une durée de 25 minutes.  Sorti en 2020, ce documentaire a déjà pris part à une quinzaine de festivals dans des pays étrangers.

Véritable quête identitaire entreprise par une franco-algérienne qui a vécu toute sa vie en France, le court métrage relate l’histoire d’une Algérienne, qui dit avoir perdu la langue de sa grand-mère et n’arrive pas à s’exprimer en arabe dialectal. S’accrochant à de lointains souvenirs de ses grands-parents et de leur langue, elle prend les rues de Tunis comme substitut du pays de ses ancêtres pour tenter d’y retrouver une part de son identité.
A Tunis, elle parle de son problème aux passant qu’elle filme, une vielle dame lui recommande de retourner en Algérie et qu’une langue ça ne s’oublie pas, des enfants lui conseillent de parler aux gens dans la rue pour  réapprendre. D’autres lui suggèrent plus simplement de chanter. Les intervenants estiment que perdre sa langue c’est perdre la  mémoire et ne comprennent pas vraiment qu’on puisse réellement perdre l’usage d’une langue et être à ce point coupé des siens.
Réalisatrice et monteuse, Khada a réalisé son premier court métrage documentaire, «Fatima», qui parle de sa grand-mère sur la base d’archives coloniales françaises. Elle travaille actuellement sur le développement de «La  veillée»,  son premier court- métrage de fiction.