Le retour à la légalité internationale

Les chimères s’en vont inéluctablement. Il y a près de 30 ans, le défunt roi du Maroc, Hassan II, est revenu des désillusions d’une aventure ruineuse et suicidaire pour  consacrer, dans toute sa plénitude, le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance. Cette leçon d’histoire hante son héritier, engoncé dans la culture du reniement et, en définitive, contraint de céder à la loi de la normalisation avec l’entité sioniste pour sauver ce qui reste à sauver d’un régime aux abois. La fuite en avant a connu ses limites attestées par la position américaine en totale rupture avec l’héritage de l’ancienne administration. Un «examen attentif» des incitations contenues dans les accords de normalisation a été évoqué par le secrétaire d’Etat  américain, Antony Blinken. Le linkage décrété par l’ancien président Donald Trump, ne tient plus la route, notamment dans sa version contestée de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental qu’aucun pays dans le monde ne reconnaît. Les chimères tombent. De retour à la légalité internationale, trois mois à peine après l’investiture de Joe Biden, la nouvelle Amérique se réconcilie avec une position constamment défendue depuis trois décennies. En réunion virtuelle avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, frappé de léthargie, le secrétaire d’Etat américain a appelé en urgence à la nomination d’un envoyé spécial et à une «coordination étroite» entre les Etats-Unis et l’ONU sur la question sahraouie. La relance du processus de négociation entre les deux parties, clairement identifiées, à savoir le Maroc et le Front Polisario, est désormais au centre des préoccupations de Washington, signant un désaveu clair des pratiques illégales et immorales de l’ancienne administration. Le revirement, revendiqué unanimement par les représentants du camp républicain et des démocrates, remet sur orbite le processus de règlement du conflit entre le Maroc et le Sahara occidental. Une telle évolution significative interpelle l’ancienne puissance coloniale. En visite à Madrid sur invitation de son homologue, Arancha Conzalez Laya, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a exhorté, dans un entretien accordé à El Pais, le gouvernement espagnol à s’impliquer davantage dans le processus de règlement de la question sahraouie. Le temps du marchandage et du pillage des richesses sahraouies doit céder le pas à une dynamique de paix et des stabilités, porteuses d’une nouvelle ère de coopération et de développement au profit des peuples de la région.

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