Université-entreprises : Un partenariat s’impose

L’économie nationale ne pourrait se développer  sans s’appuyer sur la recherche scientifique et l’innovation. Le gouvernement fonde beaucoup d’espoir  sur le duo université-entreprise pour  façonner un nouveau  modèle économique.

Et ce n’est pas sans raison si  les relations entre les  deux entités  alimentent  la  réflexion car l’Etat veut en finir avec l’économie de rente. L’efficacité du tandem repose sur une collaboration qu’il faut stimuler à la faveur de la nouvelle stratégie  économique où chacun assumera sa mission. L’enjeu est majeur et l’objectif est double: il s’agit d’assurer un poste de travail  au nouveau diplômé et de permettre à  l’entreprise d’augmenter son chiffre d’affaires. Et au final créer un climat approprié pour l’émergence d’entreprises basées sur l’innovation et l’économie de la connaissance. D’aucuns estiment que  ce partenariat n’a pas encore atteint sa maturité. Conscient de cette réalité, l’Exécutif  tente par diverses actions de  créer un lien plus solide, d’établir des relations de coopération mutuellement avantageuses entre activité de recherche et essor  économique. A vrai dire, l’entreprise algérienne avait,  au cours des années 1970 et 1980,  un réel  souci de former des cadres en grand nombre qui s’est traduit par le développement  d’une politique de recherche et de formation, y compris à l’étranger.
Emergence de pôles
Dans le sillage de l’instauration d’une relation dynamique entre l’Université et le secteur économique, huit conventions ont été signées dernièrement entre des universités et des filières industrielles pour la création de pôles technologiques. Ces pôles constitueront «des espaces idoines» pour les doctorants et les chercheurs qui y effectueront  des stages et prépareront leurs thèses dans des entreprises économiques, de manière à asseoir une «dynamique pour la prise en charge des préoccupations techniques des entreprises», avait indiqué le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Abdelkader Benziane avait insisté sur la volonté du ministère d’«opérationnaliser la coopération» avec différents secteurs concernés, à travers un plan opérationnel garantissant la pérennité de la relation entre formation et recherche et secteur industriel. Pour le ministre, la création de pôles technologiques est un impératif, en ce sens où, a-t-il dit, le regroupement de plusieurs acteurs au sein d’un même espace est de nature à créer une véritable cohésion entre centres de recherche scientifique et entreprises. La feuille de route du ministère  table sur  la mise en œuvre d’un plan de développement pluriannuel 2021-2027 portant réalisation de près de 750 projets de recherche relatifs à trois programmes de recherche nationaux prioritaires (sécurité alimentaire,  santé et  sécurité énergétique). Partant du principe que la recherche scientifique et l’innovation permettront d’augmenter la productivité dans le secteur agricole, des   conventions-cadres  ont été signées également entre le ministère de l’Agriculture et ceux de la Formation et de l’Enseignement professionnels, et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Dans le cadre du partenariat avec ce dernier, le ministère de l’Agriculture avait signé une convention portant  création de 6 unités de recherche au sein d’instituts agricoles. Le 22 février 2020, l’Organisation nationale des entreprises et de l’artisanat (ONEA) et l’Union nationale des agronomes (UNA) ont signé une convention de coopération portant sur l’apport d’un appui technique et scientifique au profit de 150 start-up du secteur agricole. Beaucoup plaident pour la mise en place d’un cadre législatif pour encourager cette forme de coopération, à travers l’octroi de facilités fiscales aux entreprises et PME, qui constituent l’essentiel du tissu industriel, afin  de financer des projets de recherche-développement orientés vers des objectifs de développement, selon des priorités et besoins définis. Enfin, des experts estiment que la signature  de conventions entre les universités et les opérateurs économiques doit être  encouragée. Ils déplorent toutefois que celles-ci  «souffrent de l’absence de mécanisme de suivi pour établir des bilans».
Amokrane H.