Deux artistes exposent à Dar Abdeltif

Dar Abdelltif abrite, depuis le 27 mars dernier, une exposition qui rassemble deux artistes aux touches différentes, mais dont le souci est la valorisation d’un héritage ancestral. Organisée par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), l’exposition de Laimeche Amel et Fazia Saheb se poursuit jusqu’au 8 avril.

Saheb, enseignante de langue française à la retraite s’est reconvertie dans l’art de mixer les matériaux pour donner vie à des œuvres qui réunissent beauté et utilité. Deux pratiques qu’elle traduit par ces jeux de mots : «Si vous osier» aussi la vannerie fine?!» et «Si on «CD» notre savoir-faire à l’art?!». Ses vanneries sont réalisées selon un savoir faire ancestral que la femme kabyle, perpétue depuis des siècles. C’est cette partie de l’exposition que l’artiste qualifie de coup de cœur. «Par son élégance et sa finesse, la vannerie témoigne d’une longue maîtrise et dextérité venues des fonds des âges», confie-t-elle. Pour elle, c’est l’histoire, un patrimoine et l’esprit industrieux d’un peuple». En plus des nattes et de tapis tissés par l’artiste, elle expose des tissages sous verre pour en faire des œuvres décoratives. On retrouve chez elle ce matériau associé à d’autres comme dans les  tableaux «Avzim», le diadème berbère ornant un disque confectionné en alfa, ou «Afaxar  associant  vannerie et  poterie.  Saheb invite à immerger dans un monde où la femme était reine et à qui l’artisanat permet de  gagner des moyens de subsistance et de s’exprimer par  des motifs et formes. L’exposition présente des montages de «recup’art», un assemblage d’œuvres réalisés à partir de CD récupérés auxquels l’artistes associe, selon son inspiration, d’autres objet et matériaux, pour donner vie à une harmonie visuelle. Alliant art et artisanat l’artiste traduit, dit-elle, «une envie de renouer avec cet artisanat, comme si je me devais de continuer un ouvrage laissé dans l’oubli». «Je me suis mise à faire de la vannerie…Une projection dans la courbe du temps comme pour faire revivre un travail ancestral légué par ma grand-mère paternelle.» Ayant plusieurs cordes à son Saheb est membre de l’Association de musique andalouse «El Amrawiya», du club de lecture de la bibliothèque principale de Tizi Ouzou, et de l’Association nationale de femmes artistes algériennes «Faan».
La mosaïque pour conter le patrimoine
Laimeche Amal est mosaïste et peintre sur verre. Algérienne née au Maroc, elle  a privilégié la peinture pendant de nombreuses années avant de découvrir  l’art de la mosaïque. Outre sa participation à plusieurs stages de mosaïque, elle a réalisé des expositions individuelles et de groupes dans des Galeries d’art et lors de foires artisanales. Son travail consiste à réaliser des objets (tableaux, miroirs, vases, tables) sur différents supports en rassemblant des tesselles et des fragments de verre, grés, marbre et d’autres matériaux. Dans l’exposition, elle présente plusieurs mosaïques réalisées avec de la pate de verre sur support en bois. Transparait également son net penchant pour la valorisation du patrimoine culturel qu’elle traduit dans des travaux tels comme «Beauté africaine», qui représente une femme portant sur sa tête un plat, ou «Tassili N’Ajjer», «Homme bleu» en guise d’hommage à l’univers des Touareg. «Khanjar», Calligraphie islamique» sont également des aspects d’une culture immémoriale que l’artiste  met en avant.
Hakim Metref