Former et impliquer les parents dans la prise en charge des enfants autistes

On ne peut faire l’économie d’une  prise en charge thérapeutique des enfants autistes pour réussir l’intégration de cette frange au sein de la société. C’est ce qu’a rappelé, jeudi dernier, le Dr Mohamed Amine Bouras, pédopsychiatre à l’EHS Drid Hocine, lors d’une conférence animée au Centre culturel Larbi-Ben Mhidi, à Alger.

Intervenant lors d’une journée d’information au profit de 50 parents et familles d’enfants atteints du syndrome d’Asperger, organisée par l’APC d’Alger-Centre, le neuropsychiatre a été formel. Selon lui,  les enfants autistes ayant suivi des thérapies adaptées s’insèrent facilement en milieu scolaire et social que ceux livrés à eux-mêmes. «Nous avons effectué un sondage, en novembre dernier, sur le nombre d’enfants atteints d’autisme au niveau d’Alger-Centre et ses environs, en partenariat avec l’Association nationale d’autisme. Nous en avons recensé près de 400», a-t-il précisé. Le pédopsychiatre a indiqué que les enfants ont été répartis en groupe de 40 à 50 selon la gravité de leur pathologie. «Nous organisons alors des ateliers et des journées d’information pour les  parents de chaque groupe pour mieux adapter la prise en charge et favoriser l’insertion sociale de ces enfants», a-t-il poursuivi. Et de rappeler que les enfants autistes ne souffrent pas  de troubles mentaux ce qui facilite grandement leur insertion en milieu scolaire et aide à leur insertion sociale. Concernant le syndrome d’Asperger, le pédopsychiatre a précisé  que cette pathologie est un trouble envahissant du développement neurologique d’origine génétique qui entre dans la catégorie des troubles du spectre autistique. «Le syndrome d’Asperger ne comporte pas de déficience intellectuelle ni de retard de langage», a-t-il assuré. Concrètement a renchéri le  Dr Bouras, ce syndrome se caractérise par des difficultés des interactions sociales, notamment dans le domaine de la communication verbale et non verbale. «Un enfant Asperger est comme atteint de cécité mentale pour tout ce qui a trait aux codes sociaux. Il doit apprendre ces codes qui lui font défaut pour évoluer dans ce monde dont il ne comprend pas toujours le fonctionnement, tel un aveugle qui doit se repérer dans un monde qu’il ne voit pas», a-t-il expliqué. La présidente de l’Association nationale autisme, Leila Ouali, a enfin mis l’accent sur l’importance de ces formations au profit des parents. «Cette expérience pourra aider à cibler la prise en charge des enfants atteints de différents syndromes d’autisme. Ils pourront ainsi mieux s’insérer en milieu social», a-t-elle proclamé. A l’en croire, de nombreux parents déplorent un  manque de moyens pour la prise en charge de leurs enfants malades. Pour dépasser cette contrainte elle a mis en avant les avantages d’une stratégie plus ciblée où les parents découvrent un diagnostic plus précis du comportement envers leurs enfants et adapté à chaque cas d’autisme.
Walid Souahi