Covid-19 : Ça se stabilise

La situation épidémiologique en Algérie semble stable depuis, maintenant, plusieurs semaines. En dépit de l’enregistrement de nouvelles  variantes, notamment britannique et nigériane, la diffusion du virus reste sous contrôle et le nombre de décès a connu une baisse importante avec une moyenne de 3 morts par jour.

Toutefois, les spécialistes insistent sur la prudence et le respect des mesures de prévention, entre autres la distanciation physique et le port du masque. «D’ici à 2023, notre seule arme contre ce virus n’est autre que l’application des consignes de protection contre l’infection. Les campagnes de vaccination sont très lentes et la disponibilité des vaccins très faible. A ce titre, nous n’allons atteindre une immunité collective dans le monde que d’ici 2 à 3 ans», a attesté le docteur Billal Zaïtar, spécialiste en immunologie. S’agissant de la situation épidémiologique stable dans notre pays, certains personnels de la santé et des milieux scientifiques évoquent l’éventualité d’une immunité collective. Le docteur Mohamed Melhag, biologiste, met l’accent sur l’absence d’études approfondies dans ce sens. «Nous ne pouvons atteindre une situation d’immunité collective sans l’infection de 50 à 70 % de la population et la vaccination d’autant de personnes. Pour l’évaluation de la diffusion du virus et ses variantes, des études et des enquêtes à grande échelle sont nécessaires pour faire le point et établir ce genre d’observations. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui», a expliqué le spécialiste. En outre, le Dr Melhag alerte sur la propagation du variant nigérian dans les villes du Grand Sud. «Il a été recensé 56 cas ces dernières heures dans le Sud après le séquençage effectué par l’Institut Pasteur. Il faut être vigilant et bien armer les établissements sanitaires pour y faire face», a-t-il encore ajouté. Dans ce sillage, le docteur Youcef Boudjelal, biologiste, a annoncé l’ouverture d’un laboratoire d’analyses Covid-19 à l’université chahid Hama Lakhdar, dans la wilaya d’El Oued, en vue de répondre à la demande locale en termes de test PCR. «Le laboratoire sera pour bientôt en service. Les équipements ont été octroyés par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique afin de doter la wilaya en tests et éviter les déplacements vers les autres wilayas et gagner ainsi du temps», a indiqué le Dr Boudjelal. En perspective d’une flambée du variant nigérian dans le Sud, qui apparemment y est très présent, selon les chiffres de l’IPA, ce laboratoire représente une aubaine pour le secteur de la santé. «Le coronavirus ne cesse de nous surprendre. Pour anticiper la propagation de la souche nigériane dont la wilaya a enregistré 15 cas, le  docteur Loucif Lotfi et moi-même sommes chargés par le rectorat de l’université de Batna 2 de superviser l’installation du laboratoire Covid-19 à la faculté de biologie de l’université d’El Oued. Après la mise en service du laboratoire, des compétences locales dans le domaine prendront en charge les personnes malades en leur garantissant des tests», a-t-il soutenu. Ce genre d’initiative participe grandement à dispenser des soins aux zones d’ombre loin des grandes agglomérations. La solidarité à l’honneur.
Karima Dehiles