Sahara occidental : Boukadoum appelle à des négociations directes et sérieuses

Le ministre des affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a appelé, ce samedi, à des négociations «directes et sérieuses» entre le République arabe sahraoui démocratique (RASD) et le Maroc en vue de parvenir à un règlement du conflit du Sahara occidental, où la reprise des hostilités en novembre 2020 a brisé un cessez-le-feu vieux de 30 ans.
«L’envoyé personnel ne suffit pas, il faut qu’il y ait un processus (…) Nous continuons à dire qu’il faut des négociations directes et sérieuses, entre les parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario», a indiqué le ministre à la presse en marge du Forum de l’économie de la culture. «Nous demandons depuis presque deux ans la désignation d’un nouvel émissaire pour le Sahara occidental», a rappelé Boukadoum, notant qu’une dizaine de candidats proposés pour occuper ce poste vacant depuis 2019 ont «tous été rejetés par une partie au conflit». «Il y a un plus grand intérêt de la part des membres du Conseil de sécurité, évidemment de la part de l’Algérie, nous sommes très présents», a-t-il dit à ce propos. Interrogé sur le prochain briefing au Conseil de sécurité, prévu le 21avril, sur les développements au Sahara occidental, le ministre a précisé que la réunion de cette année intervient dans un «contexte nouveau, celui de la rupture du cessez-le-feu». Il a ajouté que l’Algérie discute de cette question avec les 15 membres du Conseil de sécurité, qualifiant ces consultations de «bonnes». Il s’agit, selon Boukadoum, d’une question importante aussi bien pour la sécurité de l’Algérie que pour la paix dans la région. Invité à commenter le rapport accablant du département d’Etat sur la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, le ministre a précisé que l’Algérie continue de plaider pour l’élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme, regrettant que «certains équilibres» au sein du Conseil de sécurité aient empêché la mission onusienne d’être dotée d’une composante droits de l’homme. L’ONU a déclaré récemment qu’elle était toujours en quête d’un émissaire pour le Sahara occidental, évoquant des «difficultés» à trouver le bon profil pour occuper ce poste vacant depuis près de deux ans. En mars dernier, le porte-parole de l’ONU a refusé d’imputer la responsabilité de la vacance de ce poste au SG de l’ONU. «Le secrétaire général s’est efforcé de pourvoir le poste, mais comme dans beaucoup de ces nominations, tous les leviers ne sont pas entre ses mains, même s’il fait de son mieux», a-t-il alors déclaré.