Jordanie : L’ancien prince héritier «assigné à résidence»

Au lendemain de l’arrestation de proches de la famille royale et l’assignation à résidence de l’ancien prince héritier en Jordanie, le journal gouvernemental jordanien Al-Raï a affirmé que les intérêts supérieurs, la sécurité et la stabilité du royaume étaient «une ligne rouge» à ne pas franchir.

L’armée jordanienne a annoncé, samedi, que deux personnes proches de la famille royale avaient été arrêtées pour des «raisons de sécurité», affirmant que le prince Hamza, demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, avait été appelé à cesser les activités pouvant menacer la stabilité du royaume. «L’opération de sécurité hier (samedi) est l’expression d’une ligne rouge qui ne permet pas d’être franchie quand il s’agit des intérêts supérieurs du royaume, de sa sécurité et sa stabilité», écrit le journal en une. «Certains essaient d’imaginer une tentative de coup d’Etat en Jordanie, et ils tentent d’impliquer le prince Hamza», poursuit Al Raï, seul journal à commenter cet évènement. Pour ce journal, «certains agissements du prince (Hamza) ont été sciemment utilisés pour nuire à la sécurité et à la stabilité de la Jordanie». «Ceux qui connaissent l’histoire de la Jordanie savent bien que ce genre de situation arrive de temps à autre. Ils savent aussi que toute tentative de déstabiliser ce pays centenaire ou de séparer le peuple de son leadership est vouée à l’échec», conclut le journal. Les journaux semi-gouvernementaux al-Dostour et al-Ghad ont pour leur part reproduit sans commentaire les communiqués officiels à propos de ces arrestations. L’ancien prince héritier et demi-frère du roi Abdallah II de Jordanie a annoncé samedi avoir été «assigné à résidence»  dans son palais d’Amman, après avoir été accusé par l’armée d’activités contre  «la sécurité du royaume». Dans une vidéo transmise à la BBC par son avocat, le prince Hamza a affirmé que le chef d’état-major de l’armée s’était rendu à son domicile et lui avait signifié qu’il n’était «pas autorisé à sortir». Il a nié avoir pris part à un complot et a accusé les autorités de son pays de «corruption» et d’«incompétence».   L’agence de presse officielle Petra avait indiqué plus tôt que les  autorités avaient arrêté un ancien conseiller du roi, Bassem Awadallah, et un nombre indéterminé d’autres personnes pour «des raisons de sécurité», alors que  le quotidien américain Washington Post faisait état pour sa part d’un complot visant à renverser le roi. Bassem Awadallah, ancien ministre des Finances et du plan, était très proche du roi jordanien mais aussi une figure controversée en Jordanie. Avant de devenir chef de la cour royale en 2007, il était chef du cabinet du roi en 2006. Bassem Awadallah a finalement démissionné de son poste de chef de la Cour royale en 2008 après avoir été vivement critiqué pour son ingérence  présumée dans des questions politiques et économiques controversées. Il avait été accusé par certains députés et autres politiciens ainsi que  par des journalistes de s’ingérer dans les plans de privatisation du  pays.