Investissement : 2.964 projets laissés en rade à Tizi Ouzou

 

Le  directeur de l’antenne de  l’Agence nationale de développement de l’investissement (Andi) à Tizi Ouzou, Smaïl Maskri, a indiqué que son organisme a accompagné depuis sa mise en place en 2010 près de six mille projets pour une prévision de 44.350 emplois.

Des projets qui ont nécessité une enveloppe de 274 milliards de dinars. Il reste que pour diverses raisons,  2.964 projets ont été laissés en rade ou carrément abandonnés par leurs promoteurs. «Il y a de nombreuses raisons qui sont liées à la bureaucratie qui continue à gangrener nos administrations qui excellent par leur lenteur. En outre, les banques sont frileuses pour accompagner les promoteurs», a-t-il précisé. A cela s’ajoutent les oppositions de propriétaires de terrains dont certains ont même été indemnisés ainsi que l’absence de foncier industriel dans certaines localités de la wilaya qui n’est pas aussi gâtée par son relief», explique Smaïl Maskri qui déplore le manque de fermeté de la part de certaines directions en charge des investissements. «Comment expliquer qu’à l’intérieur même d’une zone industrielle ou zone d’activité propriété de l’Etat, un investisseur bute sur une opposition d’un citoyen qui fait valoir ses droits d’héritage sur la parcelle de terrain en question alors que l’assiette avait fait l’objet d’une affectation à la zone et d’une  indemnisation?», s’interroge le responsable. Il cite aussi l’exemple de cet investisseurs qui attend depuis plus de 10 ans son permis de construire alors que son projet est en voie de finition. Le secteur ayant été le plus impacté par ces annulations est le tourisme. Ainsi sur 76 projets inscrits, pour une enveloppe de 26 milliards de dinars, 43 ont été annulés avec pas moins de 1.787 emplois de perdus. Le secteur de l’industrie n’est pas en reste puisque sur les 801 projets inscrits pour une enveloppe de 130 milliards de dinars, 323 ont été annulés et 7.096 emplois perdus. S’ensuivent les BTPH avec 380 projets pour une enveloppe de 49 milliards de dinars pour 11.268 emplois, les services avec 509 projets pour lesquels 14,8 milliards de dinars ont été dégagés pour 2.740 emplois prévus, l’agriculture avec 53 projets pour 8 milliards DA et 1.891 emplois et enfin la santé  avec 42 projets pour 7 milliards de dinars et 904 emplois. Outre les raisons citées ayant freiné l’investissement dans la wilaya et empêché la création de nombreux postes d’emplois sur les 44.350 prévus, la crise sanitaire de la pandémie du coronavirus a considérablement affecté ce volet puisque une chute drastique des demandes a été constatée au niveau de l’Andi. «Les trois dernières années et plus particulièrement depuis l’apparition de la Covid-19 en Algérie, l’investissement a connu un certain ralentissement. Pour preuve on est passé de 113 projets  en 2019 à seulement 62 en 2020», souligne Smaïl Maskri qui n’a pas manqué de lancer un appel pour moins de bureaucratie et plus d’audace pour les banques. «Il faut croire en cette volonté des Algériens à investir dans leurs régions et servir le pays», conclut-il.

Rachid Hammoutène