Lazhari : «La France doit indemniser les victimes des mines-antipersonnel implantées en Algérie»

La France doit compenser les préjudices subis par  les victimes des mines anti-personnel en Algérie, où l’armée française a implanté plus de neuf million de mines, a indiqué ce dimanche le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Bouzid Lazhari, soulignant  que la demande d’indemnisation doit rester une revendication des Algériens.

 » Le crime du colonisateur français ne doit pas rester impuni et la France doit compenser les préjudices subis par les victimes », à déclaré M. Lazhari à la presse en marge d’une journée d’études à l’Institut nationale d’études de stratégie globale (INESG), organisée en célébration de la journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de l’assistance à la lutte anti-mines. Cette revendication doit être portée, en particulier par la société civile, a relevé M. Lazhari, appelant les Algériens à ne pas baisser les bras et à continuer à réclamer ces compensations jusqu’à la satisfaction totale. Pour autant, il estime que ce combat n’est guerre une mince affaire car la  France avait promulgué un décret pour faire épargner aux civils et militaires français les éventuelles poursuites judiciaires. Près de 7.300 survivants à la mine ont été recensés en Algérie, dont 4.830 durant la guerre de libération nationale et 2.470 après l’indépendance, selon les chiffres fournis par l’INESG. M. Lazhari n’a pas manqué de souligner le rôle des Etats dans l’aboutissement de ce type de revendications, en contraignant les pays responsables de cette pollution à verser des indemnisations aux victimes, précisant à ce titre que le ministère des Affaires étrangères dispose d’un service chargé du suivi des préjudices causés par le colonialisme et les crimes contre l’humanité. Le président du CNDH, a rappelé que l’Algérie a tenu avant l’heure ses engagements en ce qui concerne la convention d’Otawa sur l’interdiction des mines anti-personnel.  » L’Algérie a achevé la destruction de son stock en mines antipersonnel en décembre 2016, soit avant le délai arrêté par la convention d’Otawa, à savoir janvier 2017″, a -t-il relevé, saluant à ce propos les efforts de l’Etat algérien et de l’armée nationale populaire qui se sont investis dans ce dossier dès l’indépendance de l’Algérie en 1962.