Tebboune à propos des Législatives 2021 : « L’ère des quotas est révolue »

Les élections législatives du 12 juin prochain doivent être « intègres » et « transparentes », a affirmé le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, dimanche soir lors de sa rencontre périodique avec les médias nationaux, tout en assurant que l’ère des quotas « est révolue ».

« Quel que soit le taux de participation aux élections, nous exigeons qu’elles soient intègres, transparentes et fassent ressortir celui qui mérite la confiance du peuple », a déclaré le Président Tebboune. « Nous espérons que le peuple algérien prenne conscience que nous sommes en passe de bâtir une Algérie nouvelle dont il est le socle de par ses choix », a soutenu le chef de l’Etat qui a formé le vœu de voir un taux de participation « élevé », variant entre « les 40 et 50% à l’image des taux réalisés à l’échelle mondiale. Répondant à une question sur les appréhensions de certaines parties concernant cette échéance électorale, le président de la République a rassuré que « tout le monde est sur le même pied d’égalité et que l’ère des quotas est révolue ». Concernant les préparatifs des élections, notamment le retrait des formulaires de candidature, le Président s’est dit optimiste quant aux chiffres enregistrés jusque-là qui, dit-t-il, « dépassent nos attentes ».

« La balance des paiements sera équilibrée en 2021 ou en 2022 »

Le président de la République a affirmé aussi que l’Algérie parviendra, pendant l’année en cours ou au plus tard l’année prochaine, à un équilibre de sa balance des paiements, grâce à la politique de maîtrise des importations et de l’encouragement des exportations hors-hydrocarbures. Le Président Tebboune a indiqué que l’Algérie a réussi, en 2020, à réduire les importations de 10 milliards USD par rapport à 2019, en dépit de la pandémie et ce,  » grâce à la production, à la maîtrise de la surfacturation et à l’application d’un contrôle plus sérieux de certains services ». « Nous avons réalisé tout ça sans créer un déficit ou une pénurie », s’en est-t-il réjoui. Pendant l’année en cours, M. Tebboune a fait état, à titre d’exemple, d’un travail en cours en vue d’épargner 800 millions USD à 1 milliard USD dans les importations des médicaments, grâce à l’industrie pharmaceutique locale, ainsi que 500 millions USD qui seront épargnés dans les importations du blé qui ne dépasseront pas 400 ou 500 millions USD. Pour ce qui est du renforcement des exportations hors-hydrocarbures, M. Tebboune a réaffirmé l’attachement de l’Etat à cet objectif, faisant état de la programmation de l’exportation de 400 millions USD de médicaments courant 2021. « Si nous parvenons à 4 Mds USD d’exportations hors-hydrocarbures, nous en seront heureux, car pendant les 25 dernières années, nous ne dépassions pas 2 mds USD ».  « Et si nous nous lançons dans l’industrie de transformation à l’image du projet de Ghar Djbilet, nous pourront facilement dépasser ce chiffre », a-t-il poursuivi, rappelant l’importance du marché africain dans l’aboutissement de cette démarche. S’agissant du taux d’avancement du plan de relance économique, le Président Tebboune a affirmé « la relance a commencé dans plusieurs secteurs » dont la filière du montage qui sera reconstruite « sur de nouvelles bases », outre l’agriculture dont la production dépassera 25 mds de dollars ainsi que les secteurs des petites et moyennes entreprises et les start-ups. L’Algérie a gravé son nom, pour la première fois, à l’échelle continentale et mondiale en matière de start-ups, a-t-il indiqué.

« Le dossier des véhicules sera réglé durant le semestre en cours »

S’agissant du dossier des véhicules, le président de la République a annoncé qu’il sera réglé durant le semestre en cours, soulignant que l’Algérie passera vers une nouvelle expérience reposant sur « le véritable montage » automobile. Lors de sa rencontre périodique avec certains médias nationaux, le Président Tebboune a précisé que l’expérience passée de montage automobile « n’a donné aucun résultat et nous a coûté une fortune », assurant que l’Algérie passera « vers une autre expérience qui s’appuie sur le véritable montage automobile ». Rappelant que « le prix du véhicule monté localement a dépassé celui du véhicule importé », le Président de la République a imputé cela aux opérateurs « qui n’ont pas honoré leurs engagements à réaliser un taux d’intégration ». « Nous sommes supposés créer, lorsqu’on parle de montage automobile, de milliers de postes d’emploi. Mais nous avons assisté hélas à la création de 400 postes d’emploi uniquement par un investisseur qui a consommé trois milliards de dollars », a relevé le Président Tebboune. Même l’usine de montage de la marque française Renault « a commencé uniquement maintenant à intégrer certaines pièces fabriquées localement », a-t-il ajouté dans ce cadre. « S’il n’aboutit pas, d’ici 3 ou 4 ans conformément au cahier de charges, à la réalisation d’une intégration d’au moins 40%, à la création de postes d’emploi et à la fabrication de pièces algériennes, il n’y aura pas de montage automobile », a poursuivi le Président de la République. Interrogé sur les véhicules importés actuellement par des particuliers, le chef de l’Etat a rappelé que « l’importation de véhicules par les particuliers avec leurs propres moyens n’est pas interdite par la loi à condition de s’acquitter des droits douaniers et des taxes appliquées dans ce domaine ». S’agissant du cahier de charges des véhicules, le président de la République a fait savoir que le document est « fin prêt » et que « le problème ne réside pas dans le cahier de charges, mais dans le choix des Etats fournisseurs ». « L’acquisition de 300.000 véhicules auprès d’un Etat en particulier va alimenter sa production et préserver ses postes d’emploi sans rien avoir en retour », a-t-il ajouté. Le Président Tebboune a affirmé, dans ce sens, que « l’économie est basée sur le principe +donnant-donnant+. Si, par le passé, le traitement se faisait avec les personnes, nous exigeons actuellement à ce que l’Etat algérien soit le bénéficiaire ».

« Certains veulent torpiller la stabilité du pays »

Par ailleurs, le Président de la République a évoqué les perturbations que connaissent certains produits alimentaires de base, tel que l’huile de table, estimant que ces pratiques visaient à « torpiller la stabilité du pays ». Certes, il y’a une ruée mais aussi une tentative de déstabiliser le pays, a souligné le Président de la République, indiquant « nous avons averti les auteurs de ces tentatives que l’Etat algérien ne cédera à aucune pression ». »Personne ne pourra porter atteinte à la stabilité du pays », a-t-il avancé. Ces parties doivent cesser ces basses manœuvres, a-t-il mis en garde, ajoutant « Si non elles paieront chère ». « Nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il mis en avant.

 « La création de nouvelles wilayas vise à rapprocher l’administration du citoyen »

D’autre part, le président de la République  a affirmé que la démarche de création de nouvelles wilayas dans le Sud du pays était un plus pour le développement dans ces régions. « La création de nouvelles wilayas illustre la force de l’Etat algérien et sa capacité à développer les régions du Sud », a précisé le Président Tebboune lors de son entrevue périodique avec des responsables de médias nationaux, ajoutant que « l’ensemble des wilayas du pays sont tenues d’atteindre des normes de développement et réaliser certains indices de croissance ». Qualifiant la polémique autour de la création des 10 wilayas de « stérile », le Président de la République a indiqué que « le pays n’a nullement besoin de ce genre de débats byzantins qui ne font que jeter de l’huile sur le feu ».

« L’ultime objectif de cette démarche est de rapprocher l’administration du citoyen », a rappelé le Président Tebboune. Répondant à une question sur la possibilité d’effectuer des visites d’inspection dans des wilayas du pays, le Président de la République a affirmé que « le contact avec le citoyen se fait au quotidien », évoquant la possibilité de visiter deux ou trois wilayas vers la fin de l’année en cours, « une fois les fondements pour l’édification de l’Algérie nouvelle jetés et les élections législatives et locales organisées « . A rappeler que 10 wilayas ont été créées dernièrement au Sud du pays portant le nombre de 48 à 58 wilayas.

 « Pas de renonciation, ni de marchandage, sur le dossier mémoriel »

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réitéré la défense du dossier de la Mémoire nationale, qui ne saurait faire l’objet de marchandage dans le cadre des relations bilatérales entre les deux peuples algérien et français. La Mémoire nationale « ne saurait faire l’objet de renonciation ni de marchandage dans le cadre des relations entre l’Algérie et la France », a réaffirmé le Président Tebboune lors de son entrevue périodique avec des responsables de médias nationaux. Se disant confiant en l’intégrité du Président français, Emmanuel Macron à ce sujet, le Président de la République a rappelé les propos de ce dernier que ce qui s’est passé en Algérie durant la colonisation française « était pire que la Shoah » et que la colonisation a été « un crime contre l’Humanité ». A une question sur la question de l’ouverture des Archives, le Président Tebboune a réaffirmé que c’est là « une partie intégrante de la Mémoire nationale ». Il a cité, dans ce sens, des archives concernant la période ottomane que la France doit restituer à l’Algérie ainsi que d’autres archives relatifs à des « Arch » et des insurrections populaires. Évoquant de la récupération, le 5 juillet passé, des crânes de martyrs de révoltes populaires, le Président Tebboune a mis en avant le caractère « exceptionnel » de cette décision du Président français, en ce sens qu’elle relève en principe de l’Assemblée nationale française selon une procédure bien déterminée, « ce qui reflète le niveau des bonnes relations entre les deux pays », a-t-il ajouté.

« Le Sahara occidental, une question de décolonisation »

Concernant le dossier du Sahara occidental, le Président de la République a affirmé qu’il demeure une question de décolonisation et que son règlement implique un retour aux décisions onusiennes pertinentes, exprimant son souhait de voir les frères (Royaume marocain et front Polisario) parvenir à une solution acceptée par les deux parties. Le Président Tebboune a déclaré que cette cause est inscrite à l’ordre du jour du quatrième Comité des Nations unies chargé de la décolonisation. « Toutes les parties internationales approuvent sans exception cette démarche. Il convient donc de laisser la voie à l’ONU pour régler ce conflit », a poursuivi le Président de la République. Concernant les points positifs enregistrés par la diplomatie algérienne lors de la dernière session de l’Union africaine (UA), notamment après l’adoption des recommandations de l’Algérie par l’organisation continentale en ce qui concerne la position récente du Conseil de paix et de sécurité de l’UA vis-à-vis du conflit au Sahara occidental, le président de la République a fait savoir que « l’UA avait fait preuve d’intégrité dans sa démarche ». « Les tentatives de pérenniser le confit ou d’invoquer la prescription ne sauraient être la solution », a affirmé le chef de l’Etat, mettant l’accent sur l’impératif pour le Conseil de paix et de sécurité de l’UA d’examiner cette question et d’informer le Conseil et sécurité onusien des décisions prises au niveau continental pour parvenir à une solution définitive et juste à ce dossier ». Le Chef de l’Etat a formé le vœu de voir les deux parties au conflit (Maroc et Front Polisario) parvenir à une solution définitive sans qu’une partie impose son opinion à l’autre ».