Les économistes plaident pour plus de rigueur dans la gestion du marché national

Des économistes sont revenus sur certaines dispositions prises par le président Tebboune lors du Conseil des ministres, dimanche dernier, notamment celles relatives au mois de Ramadhan, à savoir la disponibilité des denrées alimentaires, la lutte contre la spéculation et le monopole ainsi que le suivi rigoureux des stocks.

Le professeur en sciences économiques à l’Université de Tlemcen, Abdelatif Kerzabi, rappelle que la hausse des prix observée à chaque  mois de Ramadhan est due à la non-maîtrise du marché et la défaillance du circuit de distribution. «A chaque approche du mois sacré, il y a pénurie de produits, suivie d’une augmentation des prix, conséquences d’une incompétence à tous les niveaux», souligne-t-il. De ce fait, il juge que la résolution de ces problèmes ne se fera par le  recours aux importations. Pour lui, il s’agit d’une solution de facilité. Pour ce qui est du recensement de la richesse animale ordonné par le chef de l’Etat, il juge cette démarche de nécessaire. Et pour cause, «une grande partie du cheptel est mouvante entre l’Algérie et les pays frontaliers». «Nous avons besoin de savoir combien nous avons d’élevages afin d’avoir une idée plus claire et un vision plus juste qui nous aidera à établir nos importations pour répondre à nos besoins», précise-t-il. Kerzabia regrette que l’Algérie ne dispose pas de statistiques et n’arrive toujours pas à maîtriser le circuit de  la distribution. Pour lui, il faut impérativement limiter les intermédiaires et donner la possibilité aux éleveurs de vendre directement au consommateur. Sur la question du recensement de notre bétail, Akli Moussouni, expert en agriculture, a estimé que le pays manque terriblement de statistiques fiables dans ce domaine. «Nous avons toujours agi dans l’anarchie et la pleine confusion. Nous n’avons pas jugé utile d’avoir des statistiques sur notre richesse animale. Il n’y a jamais eu de recensement fiable», a-t-il regretté. Pourtant, il a estimé que ce travail est d’une importance capitale pour connaître l’évolution du cheptel afin d’agir en conséquence. Selon lui, cette opération permettra de construire une base de données et par conséquent une meilleure maîtrise de la filière des viandes rouges et un approvisionnement continu du marché national.

Amokrane H.