Jordanie : Le prince Hamza dit qu’il n’obéira pas aux «ordres»

 Le prince jordanien Hamza, accusé d’avoir comploté contre son demi-frère le roi Abdallah II, a affirmé qu’il n’obéirait pas aux ordres, dans un enregistrement audio diffusé dans la nuit de dimanche à lundi sur Twitter.

«C’est sûr que je n’obéirai pas (aux ordres du chef d’état-major, le général Youssef Huneiti) quand il me dit que je ne suis pas autorisé à sortir, à tweeter, à communiquer avec les gens et que je suis seulement autorisé à voir ma famille», dit-il dans cet enregistrement où il s’adresse par téléphone à un interlocuteur. Samedi, le chef d’état-major s’est rendu au domicile du prince Hamza pour lui demander de cesser «tous les mouvements et activités visant la sécurité et la stabilité de la Jordanie», mais la réunion s’était mal passée, a indiqué dimanche le vice-Premier ministre Aymane Safadi. «J’ai enregistré toute la conversation et je l’ai distribuée (…) . Maintenant j’attends pour voir ce qui va arriver et ce qu’ils vont faire. Je ne veux pas bouger car je ne veux pas aggraver la situation», a dit le prince dans son dernier enregistrement. Le prince Hamza a annoncé, samedi, avoir été «assigné à résidence» dans son palais à Amman. Dans une vidéo transmise à la BBC par son avocat, il a affirmé que le chef d’état-major de l’armée lui avait signifié qu’il n’était «pas autorisé à sortir» de chez lui.  Il a nié avoir pris part à un complot, accusant les autorités jordaniennes de «corruption» et d’«incompétence». Au total, au moins 16 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles deux  personnalités, Bassem Awadallah (un ancien conseiller du roi) et Cherif Hassan ben Zaïd, selon M. Safadi, qui a précisé que les services de sécurité avaient recommandé au roi de les renvoyer devant la cour de sûreté de l’Etat. Agé de 41 ans, Hamza est le dernier fils du roi Hussein, né d’un quatrième  et ultime mariage avec la reine Noor, d’origine américaine. Conformément au souhait de son père, décédé en 1999, il avait été nommé  prince héritier lorsque Abdallah II était devenu roi. Mais, en 2004, le souverain lui a retiré ce titre pour le donner à son propre fils aîné, Hussein. La reine Noor a pris la défense de son fils, dénonçant sur Twitter des «calomnies» et espérant que «la vérité et la justice l’emportent pour toutes les victimes innocentes», a ajouté celle qui a critiqué ces derniers mois les autorités du royaume. Depuis samedi soir, les monarchies du Golfe ont fait bloc derrière le souverain jordanien en lui exprimant leur plein soutien, dans des déclarations distinctes.