Jordanie : La justice interdit de publier toute information sur l’affaire Hamza

 Le procureur général d’Amman a interdit la publication d’informations concernant le prince Hamza, accusé d’avoir voulu fomenter une sédition contre son demi-frère le roi Abdallah II, selon un communiqué diffusé ce mardi par la télévision officielle.

«Par souci de respecter le secret de l’enquête des services de sécurité concernant le prince Hamza et d’autres, (il a été décidé) d’interdire de publier tout ce qui a trait à cette enquête à ce stade», a assuré le magistrat Hassan al-Abdallat dans ce communiqué. «L’interdiction de publication concerne tous les médias audiovisuels et réseaux sociaux, ainsi que les images ou clips vidéo en rapport avec ce sujet, sous peine de poursuite pénale», a-t-il précisé. Le prince qui a nié ces accusations a dit être assigné à résidence à son  palais d’Amman. Il a promis lundi de «rester fidèle» au roi Abdallah II. «Je resterai fidèle à l’héritage de mes ancêtres, à Sa Majesté le roi ainsi qu’à son prince héritier, et je me mettrai à leur disposition pour les aider et les soutenir», a écrit le prince Hamza dans une lettre signée devant des membres de la famille royale et publiée lundi soir dans un communiqué du palais royal. Peu avant, le palais avait annoncé que le souverain avait pris l’initiative d’une médiation avec son demi-frère pour tenter de régler la fracture au sein de la famille hachémite. Le palais a précisé que le roi avait confié une mission de médiation à son oncle «le prince Hassan qui, à son tour, a communiqué avec le prince Hamza et ce dernier a répondu qu’il adhérait à l’approche de la famille». Agé de 74 ans, le prince Hassan ben Talal a été prince héritier de Jordanie de 1965 à 1999. Le prince Hamza, 41 ans, avait affiché jusqu’alors sa défiance en refusant d’obéir aux injonctions de cesser ses «activités» et de restreindre ses mouvements. Il a nié dès samedi les allégations à son encontre. Le complot, premier du genre depuis la création du royaume hachémite il y a 100 ans, a éclaté au grand jour samedi avec la mise en cause d’Hamza dans des «activités» pouvant nuire au royaume puis l’annonce de l’arrestation pour «raisons de sécurité» d’une quinzaine de personnes dont Bassem Awadallah, un ex-conseiller du roi. Le vice-Premier ministre Aymane Safadi a affirmé dimanche que la «sédition» avait été «tuée dans l’œuf», après avoir accusé le prince Hamza d’avoir collaboré avec une «puissance étrangère», non identifiée, pour tenter de déstabiliser le royaume.