Les partis satisfaits du retrait du projet sur la déchéance de la nationalité

L’annonce du retrait du projet portant déchéance de la nationalité algérienne par le Président de la République a été accueillie favorablement par les formations politiques.

Pour le RND, ce projet a été un faux pas. «Celui qui a élaboré ce texte de loi a été dans l’erreur», a estimé le responsable de la communication du parti, Safi Arabi. Et de s’interroger sur le droit de déposséder une personne de sa nationalité. De l’avis de cet ancien député et membre du bureau national du RND, ce projet s’oppose aux principes même des droits humains. De ce fait, il a affirmé que, dès le début, ce texte de loi allait tomber en désuétude. Le président de Talai El Houryat, Abdelkader Saâdi, a fait observer, de son côté, que le retrait du texte a été une bonne initiative. «Il ne faudrait pas aller vers des solutions pareilles pour régler des problèmes pouvant être solutionnés autrement», a-t-il indiqué. Selon lui, dans une telle situation, il faut arriver à régler les problèmes avec le dialogue et non pas avec des sanctions et une déchéance de la nationalité qui se répercutera assurément sur les enfants des concernés. Même état d’esprit chez le parti El Bina et le mouvement de la société et paix (MSP). Pour Salah Houcine, responsable de la communication au mouvement El Bina, le Président de la République a pris une «bonne et sage décision» qui donne de l’assurance à nos compatriotes qui vivent à l’étranger et même ceux qui détiennent la double nationalité et qui habitent en Algérie. Relevant qu’«on ne peut pas déposséder un Algérien de sa nationalité», il a précisé que «ce n’est pas à cause d’un ou deux truands qu’on doit établir une règlementation qui va toucher 6 à 7 millions d’immigrés dont une bonne partie a la double nationalité». De son avis, des solutions alternatives existent. «Il y a lieu d’identifier les éléments perturbateurs et d’entamer une procédure judiciaire contre eux.» Dans ce cadre, Salah Houcine a noté que «ce texte a été élaboré à la hâte». De son côté, Ahmed Cherifi, ancien député et membre de la direction du MSP, a considéré le retrait du texte de loi comme étant «une décision positive du Président de la République». Son argument est que l’acte de légiférer ne devrait pas se faire en direction d’un groupe de personnes. «Il faut que l’acte de légiférer intervienne pour prendre en charge une situation ou un phénomène qui impacte réellement les choses», a-t-il dit. A ses yeux, il aurait fallu utiliser d’autres mécanismes pour combattre les personnes ciblées par ce texte, à l’instar des accords internationaux ,Interpol et les instances pénales internationales.
Hakem Fatma Zohra