Lutte : «La médaille olympique n’est pas une mission impossible», selon Driss Houès

Une première dans les annales des luttes associées algériennes. Lors du tournoi préolympique à Tunis, huit lutteurs ont frappé très fort en arrachant leurs billets pour les jeux olympiques de Tokyo prévus du 23 juillet au 08 août prochains.

Une performance jugée historique par le directeur technique Driss Houès. Ce dernier a dressé un bilan satisfaisant sur tous les plans. «Nos athlètes ont été à la hauteur de nos espérances. Ils ont été tout simplement héroïques en permettant à notre pays d’être le premier en lutte libre. Pour la gréco-romaine, nous avons également fait le plein avec quatre qualifiés. Cette épopée est le fruit d’un mandat de sueurs et du programme appliqué à la lettre. Il y a une équipe fédérale qui a travaillé d’arrache-pied pour maintenir notamment la continuité. Maintenant, nous devons passer à un autre niveau avec d’autres moyens. Il faut s’attendre à une autre mission à Tokyo», a-t-il commenté. L’exploit des lutteurs a aussi rappelé à toute la famille du mouvement sportif tout ce qui a été fait par le défunt Rabah Chebbah. Ce dernier qui a été DTN en 2012, puis président de fédération juste après, a mis les fondements d’une équipe nationale composée d’athlètes de haut niveau. Emu, Houès a révélé que l’ombre de Chebbah ne l’a jamais quitté. «J’ai travaillé avec un grand monsieur avec qui j’entretenais une excellente relation. C’est une personnalité infiniment respectée. D’ailleurs, une minute de silence lui a été dédiée lors du tournoi préolympique. Nous avons hérité de lui la sérénité et surtout l’union pour réaliser tout ce qu’il a visé comme objectifs. J’ajoute que l’équipe fédérale actuelle est en train de faire un travail de professionnels. Personnellement, je garderai toujours que du positif du regretté, qui a donné toute sa vie aux luttes associées, permettant à l’Algérie de placer pas moins de dix athlètes dans le top 10 du ranking mondial.» Pour ce qui est de la suite de la préparation pour les olympiades, Houès a fait savoir que le programme est déjà prêt. «D’ici une semaine, nous allons passer à la vitesse supérieure. Si nous voulons marquer les JO de Tokyo, nous devons investir davantage pour présenter des athlètes au top de leur forme. Le mandat écoulé n’a pas été facile pour nous. Nous avons été victimes de blocage de certains responsables. La venue du ministre Sid Ali Khaldi a permis à la famille des luttes associées de respirer et d’être doublement motivée pour travailler. Je cite également l’ex-secrétaire d’état chargé du sport d’élite Noureddine Morceli et l’actuelle Salima Souakri. Cette dernière ne cesse d’être attentive à toutes nos doléances.» Si les autorités suprêmes du sport croient en la discipline avec ses deux spécialités, Houès a estimé que de gros moyens doivent suivre. «Nous avons prévu un plan de préparation qui peut nous coûter jusqu’à quatre milliards de centimes. Je sais que le MJS va nous aider et aussi le Comité olympique qui, récemment, a pris en charge un stage en Ukraine. Néanmoins, j’espère qu’il y ait de la  considération par rapport  à nos athlètes en matière de bourses. Je n’ai rien contre tel ou tel champion. Toutefois, nous avons pu intégrer les top 10 du ranking mondial durant ce mandat, avec notamment une 3e place mondiale. Je pense que nos lutteurs méritent d’avoir leur part, sachant qu’ils sont plus que jamais déterminés à marquer l’histoire des olympiades.» Et d’ajouter : «Nous allons continuer à travailler quelle que soit la situation financière.» Interrogé sur les chances de notre pays de décrocher la 1ère médaille olympique en luttes associées, Houès, connu pour son franc-parler, a indiqué que l’objectif de la médaille olympique a été discuté en 2016 avec feu Chebbah. «Malgré les tentatives de déstabilisation subies en début de mandat, nous avons résisté en nous concentrant uniquement sur notre travail. Après un mandat de sacrifices, nous sommes arrivés à ce stade de placer huit lutteurs dans la compétition la plus prestigieuse de la planète. Vu l’évolution constante de nos poulains, je reste toujours optimiste quant à un podium olympique. Ceci dit, nous devons aller jusqu’au bout de notre programme, notamment les stages et les tournois à l’étranger. Si ce sera le cas, je peux dire que nous nous présenterons avec des atouts dans plusieurs catégories.» Après avoir évité de donner des noms de potentiels médaillés olympiques, Houès a souhaité que «les huit qualifiés soient soutenus par tout le mouvement sportif, ainsi que les médias pour réaliser le rêve d’une breloque olympique.»
Adel K.