Sellini, bâtonnier de l’ordre des avocats d’Alger : «Le jeune Chetouane est victime d’une manipulation»

Le bâtonnier de l’ordre des avocats d’Alger, Me Abdelmadjid Sellini, est revenu, ce mercredi, lors d’un point de presse, sur la présentation du jeune Saïd Chetouane devant la justice. Pour rappel le mineur avait prétendu avoir subi une agression sexuelle au sein d’un des locaux de la police suite à son interpellation, le samedi 3 avril, lors d’une manifestation non autorisée.

« Lundi dernier,  j’ai pris attache avec deux avocats qui se sont constitués pour défendre Saïd Chetouane afin d’avoir des informations sur le déroulement de sa présentation la veille devant la juge des mineurs en présence de sa mère», a-t-il précisé en marge des travaux de la journée d’étude sur la problématique de la maturation des projets, organisée par le Conseil d’État à l’école supérieure de la magistrature de Koléa. Et d’ajouter: «  Ses deux avocats dont chacun cumule plus de 25 ans d’expérience m’ont affirmé que la magistrate  a, à maintes reprises, et durant cinq heures, prié le jeune de porter plainte s’il a été brutalisé ou victime d’un acte ayant porté atteinte à son intégrité physique». Sa réponse était invariablement la même, à savoir qu’il n’a fait objet d’aucune intimidation ou victime d’attouchements. Toutefois,   a renchéri  maître Sellini  le mineur demandait uniquement à la juge «de relâcher ses amis» ». Pour  lui, le mineur a été victime d’une manipulation. «Comment expliquer que cinq individus dont l’âge varie, entre 22 et 29 ans accompagnaient ce garçon âgé de 15 ans et habitant  Boufarik pour passer la nuit dans une villa à Aïn Benian et  participer le lendemain à une marche à Alger ? », s’interroge-t-il. «  Il y a une réelle volonté de précipiter le pays dans le bourbier d’une crise sociale mue notamment par des parties à l’étranger», affirme-t-il. A l’en croire,  le Hirak a réalisé des miracles en mettant un terme à la corruption, au clientélisme et à la gabegie. « Il a imposé une rupture avec l’ancien système », a-t-il assené. Pour lui, l’heure est à la construction de l’édifice institutionnel, dont les prochaines élections législatives anticipées constituent une étape. « De nombreux milieux souhaitent le chaos et la partition de l’Algérie car notre pays les gênent », a-t-il mis en garde.
A. L.