Importation de véhicules : Les concessionnaires appellent à l’allégement du cahier des charges

Le président de l’Association des concessionnaires automobiles multimarques (ACAM), Youcef Nebbache, a déclaré que les dernières déclarations du président de la République, lors de sa rencontre avec des représentants de la presse nationale, rassurent les concessionnaires automobiles.

«Le président de la République a pris en compte les préoccupations des acteurs du secteur. Il a parlé d’un nouveau cahier des charges, l’ancien étant   contraignant. Pour preuve, il n’y a eu ni lancement des importations encore moins installation d’usines», a-t-il ajouté. Nebbache a indiqué que les opérations d’importation de véhicules devraient, en principe, être libérées d’ici le mois d’août prochain. «Vu le manque de véhicules sur le marché, il est impératif de lancer les importations», a-t-il fait observer. Il a fait savoir que les concessionnaires prennent leur mal en patience, espérant que le cahier des charges établi par l’ancien ministre fera l’objet d’une «totale révision», notamment l’article 12 qui, selon lui, bloque tout investissement. Ce dernier stipule l’obligation au concessionnaire de fournir des documents attestant de la propriété de la surface d’exposition des véhicules qui doivent être d’au moins de 6.400 m2. «L’acte de propriété peut être remplacé par un acte de location», a-t-il suggéré. Lever l’interdiction d’investir aux compatriotes algériens établis à l’étranger est également souhaitable, à ses yeux ,car «l’exclusion des Algériens non résidents de l’opération d’importation contredit l’article 29 de la Constitution qui consacre l’égalité des citoyens devant la loi». Il va falloir, selon le président de l’ACAM, revoir également quelques conditions exigées dans ce controversé cahier des charges. Il a cité l’exemple du système de limiteur de vitesse qui peut coûter jusqu’à 800 euros. Des surcoûts qui vont inéluctablement se répercuter sur le prix du véhicule, selon l’ACAM.
Nebbache a rappelé que les concessionnaires ont décrié le régime des quotas qui, selon eux ,met en péril la pérennité de la société du concessionnaire et celle des agents agréés. Pour ce qui est de l’industrie, il juge important, aujourd’hui, de construire une industrie à fort taux d’intégration en encourageant les investisseurs à développer la sous-traitance et la production de la pièce détachée. «Encore faut-il introduire des mesures d’incitation», a-t-il conclu.
Un dialogue s’impose
Le chef de l’Etat a parlé de l’échec du projet de montage automobile qui a coûté  8 milliards de dollars pour moins de 300.000 véhicules montés et 3.000 emplois créés. J’ai  été le premier à dénoncer  publiquement en avril 2015 l’obligation faite aux concessionnaires de faire du montage. J’ai dénoncé  le cahier des charges de 2015 concernant la gabegie des équipements, en exigeant 4 airbags, alors qu’au Japon, la norme n’exige qu’un seul», a déclaré le président-directeur général du groupe Elsecom (distributeur automobile), Abderrahmane  Achaibou. Une dénonciation qui, selon lui, lui a coûté cher. «Bouchouareb, alors ministre de l’Industrie, m’a dépossédé de mes 5 marques automobiles», a-t-il rappelé. Mais pour lui, le cahier des charges de 2020 n’est qu’une reconduction de celui de 2015 avec en prime des exigences insupportables pour le concessionnaire, notamment celle d’être propriétaire des infrastructures. «Nous souhaitons que le nouveau ministre de l’Industrie tienne compte des remarques  que nous avons adressées à son prédécesseur. L’allègement du cahier des charges s’impose, les concessionnaires sont asphyxiés», a-t-il insisté.
Wassila OuldHamouda