Salon du livre d’Ath Yenni : Engouement des jeunes pour la lecture

Contrairement au jour d’ouverture, le Salon du livre a connu plus d’affluence vendredi dernier. Certes, éditeurs et auteurs n’ont pas épuisé leurs stocks, mais rencontrer des lecteurs et constater un engouement pour le livre est un motif de satisfaction.

Pour Djaoudet Gassouma qui a publié chez Chihab, «le salon est une occasion de rencontrer des citoyens qui s’intéressent à la culture et au monde de l’écriture». «Je suis content de voir que ce sont les plus jeunes qui viennent vers nous pour poser des questions et chercher à comprendre de quoi parlent nos ouvrages», ajoute-t-il. «Un salon c’est avant tout une destination pour des  familles qui viennent découvrir notre univers et passer un moment de détente», confie-t-il. Beaucoup de participants ont relevé la présence d’un public jeune. «La majorité des visiteurs de notre stand sont des lycéens et collégiens», affirme le représentant des éditions El Amel. Selon lui, «ils cherchent souvent des livres parascolaires, mais s’intéressent aussi à l’histoire et à la littérature». L’autre point qu’il relève est l’engouement des jeunes pour la littérature d’expression amazigh. «Traductions d’ouvrages classiques, ouvrages  en tamazight, la nouvelle génération lit de plus en plus dans cette langue avec autant de facilité qu’en arabe ou en français», nous dit-il. Au Stand Dalimen, le constat ne diffère pas. Nos visiteurs sont essentiellement des jeunes», lâche  sa  représentante. «L’internet n’a pas tué la lecture et n’est pas le seul intérêt des jeunes», fait-elle remarquer. Selon elle, «la vente reste moyenne, mais beaucoup viennent pour repérer des titres». Chez Casbah éditions la vente reste en deçà des attentes, mais le contact est enrichissant, affirme le responsable du stand qui se réjouit de «l’intérêt manifeste pour la culture». Cette première édition est perçue comme un premier contact. Il faut attendre les prochaines éditions pour pouvoir parler de l’aspect économique, s’accorde-t-on à dire. Côté public, les réactions différent. Pour certains, le choix est limité et des éditeurs ne proposent que très peu de nouveautés. Pour d’autres, les jeunes notamment, les prix restent relativement élevés, du moins ceux des ouvrages qui suscitent leur intérêt. Les plus âgés, habitués à d’autres salons comme le Sila font la fine bouche et regrettent que la participation ne soit pas aussi importante qu’au Salon de Boudjima. Ils gardent toutefois leur optimisme et s’attendent lors des prochaines éditions à plus de visiteurs. Par ailleurs, les conférences ont suscité un grand intérêt  et furent suivies avec attention. Le programme compte chaque jour trois conférences et trois rencontres avec les auteurs. Au second jour, Mouloud Ounoughene a évoqué les influences musicales arabes, nord-africaines et berbères sur la musique occidentale, Ramdane Lasheb le patrimoine culturel immatériel et la nécessité de sa préservation et transmission par écrit. Achite Belkacem a animé une conférence qui n’a pas laissé indifférents les habitants puisqu’il est allé aux origines de la tribu d’Ath Yanni dont le  rôle a été évoqué par de nombreux historiens. Dans son récit «Le mont des orfèvres» publié aux éditions Casbah, Achite en parle avec des détails. Hamid Bilek, Kamel Bentaha et TudertHelouane ont abordé la littérature pour enfants en tamazight.
Hakim Metref