Les syndicats appellent à l’organisation d’un bac-Nord et d’un bac-Sud

Le sprint de fin d’année commence. Les examens scolaires approchent.

Le baccalauréat aura lieu du 20 au 24 juin. Le brevet d’enseignement moyen (BEM) est programmé du 15 au 17 alors que la date de celui de la 5e année est fixée au 2 juin. En annonçant ces dates, le ministère de l’Education nationale a écarté tout report de ces examens à septembre prochain. Ce qui est certain, par contre, c’est que les dispositions organisationnelles ne feront l’objet d’aucun changement durant cette session, notamment en ce qui concerne le processus de déroulement.
Reste que les partenaires sociaux n’apprécient pas le choix des dates des examens, mais estiment que la marge de manœuvre du ministère est très réduite. «Les dates se sont imposées
d’elles-mêmes. Elles ont été décidées en fonction de la situation sanitaire liée à la pandémie de coronavirus, mais aussi par la conjoncture politique avec la tenue des élections législatives»,  souligne le coordinateur national du Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNPEST), Meziane Meriane. De ce fait, il juge que le ministère doit penser à récompenser les enseignants retenus pour la correction des épreuves en leur octroyant une prime d’encouragement. Selon lui, l’organisation du bac en juin pose le problème des candidats du Sud. «Si l’on veut consacrer les principe d’équité et d’égalité des chances, il faut  offrir les mêmes  avantages et réunir les mêmes conditions de déroulement des épreuves. En raison des fortes chaleurs en ce moment de l’année dans le Sud, nous avons toujours revendiqué le retour à l’ancien système, à savoir un bac Nord et un bac Sud», soutient-il. «A Adrar,  Tamanrasset  ou Illizi, à titre d’exemple, les chaleurs sont insupportables à ce moment de l’année, il est impossible aux élèves de réviser dans ces conditions, d’autant qu’on ne peut pas assurer la climatisation pour tous», clame-t-il.
Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), Boualem Amoura, abonde dans le même sens. «Nous comprenons le fait que les dates aient  été imposées par la conjoncture sanitaire, mais a-t-on pensé aux élèves des régions du Sud et des Hauts-Plateaux ?», s’est-il demandé. Et de poursuivre: «Raison pour laquelle nous avons toujours insisté sur l’impératif de revenir à l’ancien système en organisant des examens officiels Nord et Sud.» Pour lui, l’argument de l’unité nationale souvent évoqué pour rejeter cette solution ne tient pas la route, puisque cette année, la date de la rentrée scolaire n’était pas unifiée. «Organiser un bac Nord et un bac Sud n’est pas un danger pour l’unité de la nation», souligne-t-il.
Le pédagogue, Bachir Hakem, relève, lui aussi, la nécessité de trouver des solutions pour une meilleure égalité de chance entre les élèves face aux conditions météorologiques.
H. A.