Moyennes de passage : Une ligne rouge pour les syndicats de l’éducation

Le ministère de l’Education a mis fin aux rumeurs qui circulaient sur les réseaux sociaux sur une probable suppression de l’examen de fin de cycle primaire. En outre, aucune décision officielle n’a été annoncée quant à l’éventuelle baisse des moyennes de passage d’un niveau à un autre pour les trois cycles de l’éducation.

L’année dernière, le ministère avait décidé l’annulation de l’examen de fin de cycle primaire, la tenue des épreuves du BEM durant la deuxième semaine du mois de septembre et l’organisation des épreuves du baccalauréat durant la troisième semaine du mois de septembre. Il a été, également, décidé de revoir à la baisse la moyenne d’admission à 4,5/10 pour le cycle primaire et à 9/20 pour les cycles moyen et secondaire. Une décision qui a été fortement critiquée par le corps enseignant, mettant en garde contre sa reconduction cette année. Toutefois, faute de «décision tranchée», le flou demeure entier pour les parents, d’autant plus que les fausses informations sur les réseaux sociaux annonçant la possibilité de suppression de l’examen de la cinquième et surtout la baisse des moyennes de passage foisonnent. Syndicats, associations des parents d’élèves et pédagogues sont unanimes à soutenir que le ministère aurait pu saisir la crise du coronavirus pour réformer le système des examens nationaux, notamment le baccalauréat.
En attendant, «les sujets des examens nationaux seront conformes aux contenus effectivement dispensés au niveau national, en prenant en compte l’avancement des programmes», affirme le coordinateur national du Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane. Le syndicaliste espère qu’il n’y aura pas un retour au système de seuil des cours adopté par la passé «qui a engendré plusieurs anomalies ayant affecté négativement le rendement de l’élève et sa performance lors de ce genre d’épreuves». Meriane s’attend, également, à ce que deux sujets au choix soient proposés aux candidats dans chaque matière et dans chaque filière, et une demi-heure supplémentaire sera accordée à chaque candidat, en sus du temps réglementaire de chaque épreuve.
Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, écarte, lui aussi, tout changement dans le processus de déroulement des épreuves. Selon lui, la même opération et les mêmes modalités organisationnelles de la session précédente seront reconduites. Amoura a mis en grade contre l’annulation de l’examen de 5e mais aussi la révision à la baisse des moyennes de passage, comme cela s’est fait l’année dernière. «Cette mesure a eu de lourdes conséquences. Des élèves qui ne savent ni lire ni écrire ont été admis en première année moyenne alors que ceux ayant rejoint les lycées ont éprouvé de grandes difficultés durant leur première année secondaire», rappelle-t-il. Le syndicaliste affirme que le nombre des élèves doublant en première année secondaire risque d’augmenter considérablement, tout comme la déperdition scolaire qui s’accentuera. «Nous n’encouragerons pas la médiocrité .Le Satef s’y est opposé et s’y opposera toujours. Déjà l’année dernière, nous étions contre cette mesure à rebours de la pédagogie», juge-t-il. In fine, Amoura regrette l’absence de concertation et de dialogue avec le ministère quant à l’organisation des examens scolaires nationaux pour prendre une décision consensuelle. Sur la même question, le président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), Sadek Dziri, s’est dit contre la suppression de la 5e. «Elle crée plus de problèmes qu’elle n’en résout, notamment en matière de résultats qui sont catastrophiques pour les élèves de la première année moyenne et ceux de la première année secondaire», conclut-il. Pour Le pédagogue, Bachir Hakem, fixer la note de passage en dessous de la moyenne avec tous les avantages de correction et les notes complémentaires qui ne reposent sur aucun critère pédagogique toucherait encore plus à la crédibilité de l’enseignement.
A.H.