Palestine Moscou appelle à la fin des mesures sapant la tenue d’élections législatives

Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé toutes les parties à abandonner toutes les mesures qui sapent la tenue des élections législatives palestiniennes, ou retarder la possibilité que les parties reviennent à la table des négociations.

Dans un communiqué de presse publié samedi relayé par l’agence de presse palestinienne (WAFA), la diplomatie russe a affirmé que «la tenue des élections législatives prévues le 22 mai, selon le décret du président palestinien Mahmoud Abbas, est une étape très importante pour mettre fin à la division Palestinienne». «C’est une condition importante pour la reprise des négociations directes entre Palestiniens et Israéliens, dans le but de résoudre les questions fondamentales, sur la base de la solution à deux Etats internationalement reconnues», a-t-il poursuivi dans le communiqué.
La Palestine n’a pas connu de vote depuis 2006. S’il reste encore quelques inconnues, les enjeux de ce scrutin seront décisifs. Le Fatah du président Abbas a déposé sa liste au tout dernier moment, le 31 mars à 23 heures. Validée par le tribunal électoral, c’était la dernière étape avant le début de la campagne officielle, le 30 avril prochain. Le Fatah, fondé par Yasser Arafat, a tout tenté pour affronter ces élections en rangs serrés. Las, il devra faire face à deux concurrents sérieux en interne.
Tout d’abord, la liste «Liberté», menée par Fadwa Barghouti et Nasser al-Qidwa. La première n’est autre que la femme de Marwan Barghouti, un leader palestinien incarcéré par les autorités israéliennes depuis 2002. Très populaire auprès des Palestiniens, il manquait de troupes et de financements : ce que lui apporte Nasser al-Qidwa, neveu de Yasser Arafat, et ex-représentant de l’OLP aux Nations unies. Marwan Barghouti a décidé de se présenter à ce scrutin dans une liste indépendante.
Autre liste dissidente, celle du Futur, de Mohamed Dahlan. Natif de la bande de Ghaza, il y a mené la répression contre le Hamas, qui a finalement pris le contrôle du territoire. Manœuvrant pour prendre la présidence de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas l’a expulsé. En exil à Abou Dhabi, il mène une campagne agressive dans son ancien fief, via des prête-noms.
Le Hamas aborde ces élections en meilleure position. Ce scrutin constitue un enjeu presque vital pour le mouvement de résistance, coincé dans la bande de Ghaza depuis 2007, assiégé par un triple blocus, israélien, égyptien et celui du Fatah. La stratégie n’est pas de l’emporter et de rejouer le scénario de 2006, où sa victoire avait créé  un séisme politique et abouti à la division des Territoires, avec le Hamas à Ghaza, et le Fatah en Cisjordanie. Le but est davantage d’atteindre une minorité de blocage. «Le Hamas veut emporter un tiers des sièges du Conseil législatif. Il ne souhaite pas être majoritaire mais incarner une force d’opposition», estime Akram Sattari, analyste politique basé à Ghaza et proche du Hamas. Le mouvement s’est en outre engagé à ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle. Pour ces législatives, le numéro 1 est Khalil al-Haya, un cadre qui a joué un rôle-clé dans la négociation du cessez-le-feu avec Israël lors de l’agression contre Ghaza en 2014.
D’autres formations tenteront aussi leur chance pour intégrer le Conseil législatif, dont sept sièges minimum seront réservés aux chrétiens. Trois femmes doivent figurer parmi les douze premiers membres de la liste. Ces élections sont le point de départ d’une remise en route d’institutions mises à mal par l’autoritarisme grandissant de Mahmoud Abbas, âgé de 85 ans. Elles pourraient d’ailleurs servir à lui trouver un successeur potentiel, le président du Conseil législatif devant assurer l’intérim en cas de vacance de la présidence de l’Autorité palestinienne.