Salon du livre d’Ath Yanni : Une expérience perfectible

 

Après un début relativement timide et laborieux  lors  de son ouverture, jeudi dernier, le salon du livre Mouloud-Mammeri, organisé par l’association culturelle et de loisirs de jeunes d’Ath Yanni,  a vite fait de connaître une affluence plus importante durant  les  deux  jours suivants.

Dès vendredi dernier, un nombre important de personnes ont convergé vers la maison de jeunes Kaddache-Ali au grand  bonheur d’auteurs et d’éditeurs qui, pour certains, ont écoulé leurs ouvrages. Samedi dernier jour du salon, l’endroit  s’est révélé presque exigu pour accueillir un flot aussi important de visiteurs pressés de profiter de réductions ou d’assister à quelque conférence. Cela semble avoir rassuré les organisateurs et nourri leur enthousiasme quant à la réussite de l’événement culturel et surtout aux perspectives qu’il annonce. Outre les habitants de la commune, plusieurs personnes sont venues des bourgades  avoisinantes et même  d’autres wilayas, à en juger par les immatriculations des véhicules stationnés tout le long de la route principale d’Ath Yanni.  Même si cette première édition n’a pas été vraiment une grande réussite sur le plan strictement commercial, pour certains exposants, elle s’est  cependant avérée un indicateur important sur la résistance  des  métiers du livre qui  promet d’être un véritable filon pour les professionnels de l’édition. Hacen Metref, directeur de l’auberge de jeunes et membre organisateur du salon, se dit très heureux car, affirme-t-il, «la preuve est faite  que le salon Mouloud- Mammeri peut prendre une envergure très importante». «J’ai fait le tour des stands et beaucoup ont pu écouler un grand nombre d’ouvrages», confie-t-il. Toutefois, notre interlocuteur reconnaît que quelques défaillances, notamment en matière de  programmation des conférences et rencontres, ont été relevées mais, s’empresse-t-il d’ajouter, «elles seront prises en considération en prévision des prochaines éditions. «Pour cette année, le rythme des conférences était un peu condensé et beaucoup nous ont fait cette remarque, mais pour les prochains rendez-vous, nous établirons un programme qui permettra, et au public et aux conférenciers, de profiter au mieux de ces rencontre qui sont l’un des points forts du salon», promet Metref. Au passage, il salue vivement  le soutien de  l’association «Un livre, une vie» de Chenôve en France, présidée par Assia Yacine, qui a acquis un grand nombre d’ouvrages pour le compte de la bibliothèque de la maison de jeunes d’Ath Yanni. Elle a  également pris en charge quelques aspects financiers du salon
Un public avide de savoir
Le chargé de la  communication du Salon, Makhlouf Boughareb a, quant à lui, salué la civilité et le civisme qui ont marqué le déroulement de la manifestation. «Le  salon est organisé sous le signe de «écriture et libération» dans le sens où on libère la pensée, l’écriture et la forme de l’écriture» souligne-t-il. Il est aussi important, renchérit-il, de rappeler que c’est une association de jeunes qui a pris sur ses épaules le lourd fardeau qu’est l’organisation d’un événement comme celui-ci, qui s’est avéré une réussite sur bien de plans. «Pour cette édition, nous avons concentré le salon à la maison de jeunes mais pour les prochaines éditions, nous allons l’étaler à d’autres infrastructures de la commune, pour pouvoir accueillir un plus grand nombre de participants et aussi un public plus nombreux» a-t-il ajouté. «Ce premier essai est pour nous un test et nous savons à présent que nous avons les moyens, humains surtout, pour maintenir en vie ce salon et lui donner une aura plus importante» conclut Boughareb.
Du côté des participants, beaucoup d’éditeurs n’ont pas caché leur satisfaction. «Même si s’agissant de ventes, le salon n’a pas été pour nous une totale réussite», avoue l’un d’eux. Qu’importe. Ils se disent contents d’avoir participé et rencontré un public avide de savoir. «Ce sont des occasions à renouveler un peu partout à travers le pays  pour maintenir en vie une profession qui a connu énormément de difficultés ces dernières années», poursuit-il. La grande majorité de ceux qui sont venus  promettent de  renouveler l’expérience l’an prochain.
Hakim Metref