Tipasa : La mercuriale s’affole

Phénomène récurent à la veille de chaque mois de Ramadhan, la hausse vertigineuse des prix de certains produits de large consommation ne peut être uniquement justifié, selon le président de l’association de wilaya de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE)à Tipasa, Hamza Belabas, par la loi de l’offre et de la demande.

«En l’espace de quelques jours, les fruits et légumes ont vu leurs prix doubler. A titre d’exemple, la courgette, qui se vendait à 50 DA, affiche désormais 100 DA, alors que la tomate a vu son prix quasiment tripler, dès lors qu’elle est vendue à 140, voire 150 DA le kilo», cite-t-il comme exemple. La pomme de terre est cédée à 75 DA le kilo, contre 60 à 65 DA, il y aune semaine. «Il est illusoire de soutenir que l’affolement de la mercuriale est la conséquence de la pression subie par l’offre. Dans tous les pays où les prix sont libres et l’économie de marché est de rigueur, il n’y a jamais eu de fluctuation importante des prix des produits de large consommation», compare-t-il. Et d’ajouter :
«Lorsque vous demandez à un commerçant les raisons de l’augmentation soudaine des prix, il vous cite le prétexte de la dévaluation du dinar qui est devenu un argument passe-partout pour justifier la spéculation». Selon lui, ces hausses injustifiées sont le résultat de la spéculation qui gangrène le marché, particulièrement à la veille du mois de Ramadhan. «Le problème réside dans l’absence de régulation et de maîtrise de tous les segments de la chaîne commerciale pour colmater les brèches qu’utilisent les spéculateurs, d’autant que le problème de l’affolement de la mercuriale à l’approche et durant le mois de jeûne n’est pas nouveau», analyse-t-il. A l’en croire, actionner le système de régulation après la hausse des prix, n’impacte pas la mercuriale d’une façon significative. «Dès lors, il est plus judicieux d’agir par anticipation et pas seulement en aval», propose-t-il.
Comparativement aux prix pratiqués en pareille période de l’année dernière, Hamza Belabas estime que la mercuriale actuelle a enregistré des records. «Ce n’est pas normal. Le Ramadhan de l’année dernière a été plus clément en termes de prix, et pourtant il y avait des facteurs contraignants liés aux restrictions imposées par le contexte pandémique. Quasiment, la demande n’a pas trop évolué depuis avec pratiquement les mêmes volumes de l’offre. Le déséquilibre constaté cette année ne peut être justifié en grande partie que par la spéculation», souligne-t-il. «Certes, après la première ou les deux premières semaines du mois de Ramadhan, les prix ont tendance à revenir à la normale. Mais ce n’est pas évident à tous les coups», prévient-il. Selon lui, le consommateur peut être un élément décisif pour brider la hausse des prix. «Premièrement, il ne faut surtout pas céder aux rumeurs de pénuries qui touchent tel ou tel produit. Deuxièmement, il faut acheter le strict nécessaire sans verser dans les achats frénétiques, de telle sorte à maintenir la disponibilité de l’offre sur le marché, notamment les produits qui connaissent une hausse des prix, à l’instar des fruits et légumes qui sont rapidement périssables. De ce fait,le commerçant est obligé, pour ne pas subir des pertes, de pratiquer des prix abordables» conclut-il.
Amirouche Lebbal