Pour une souveraineté sanitaire

L’industrie pharmaceutique est au coeur de la bataille de la croissance et de la diversification économique. Inscrite en prioritaire majeure, une véritable industrie est d’autant plus nécessaire que les conditions matérielles et humaines, révélées par les capacités de résilience en temps de la Covid-19, sont réunies pour amorcer l’ère de la souveraineté sanitaire érigée, dans le cadre du plan de relance, en objectif  stratégique. Les attentes sont à la dimension de la détermination de la nouvelle Algérie d’oeuvrer activement et efficacement pour en finir avec le fardeau des importations, promouvoir une autonomie sanitaire et impulser une dynamique d’exportation des médicaments. Dans son intervention, lors de la dernière rencontre avec les représentants des médias nationaux, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a insisté sur la nécessité d’épargner entre 800 à 1 milliard de dollars, bien au-delà du seuil atteint des 400 millions de dollars. Le défi est objectivement réalisable.
«Je tiens à vous assurer la détermination du gouvernement à poursuivre des réformes initiées par l’Etat pour développer une véritable industrie pharmaceutique à même de diversifier l’économie nationale et de réduire sa charge sur la balance des paiements, d’une part, et garantir la sécurité sanitaire de nos concitoyens, d’autre part», a affirmé le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, dans une allocution au forum dédié aux défis sanitaires et à la stratégie de relance, à l’heure de la tendance au repli et du chacun pour soi prônée par les  puissances mondiales. Les leçons et les enseignements de la pandémie attestent de la viabilité d’une «approche globale et participative», fondée sur la coordination intersectorielle et l’implication des composantes du secteur de la santé et des partenaires publics et privés. A la faveur de la création d’un ministère de l’industrie pharmaceutique et d’une agence nationale chargée d’évaluer et d’établir un diagnostic précis, les bases d’un système performant et moderne en place pour se mettre au diapason des mutations internationales et mettre l’Algérie à l’abri des fluctuations et de la dépendance extérieure. Le temps de la souveraineté sanitaire, perceptible dans la volonté de l’Etat de favoriser la production des vaccins russe et chinois, a sonné aux portes de la nouvelle Algérie déterminée à relever le défi d’une économie diversifiée et compétitive.
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