Législatives 2021 : Les partis se prononcent sur le rôle et les missions assignées à l’ANIE

L’Autorité nationale indépendante des élections est constitutionnellement responsable du bon déroulement de toutes les étapes du scrutin de l’assainissement du fichier électoral, la confection des listes, le déroulement de la campagne jusqu’à la proclamation des résultats préliminaires. Concernant le scrutin du 12 juin prochain, les partis politiques et les candidats en lice sont-ils satisfaits de travail accompli jusque-là par l’Anie ?

Habib Brahmia, chargé de la communication au parti Jil Jadid, a indiqué que son parti n’a pas rencontré de «difficultés majeures» susceptibles de remettre en cause les engagements pris par l’Anie. «Franchement, pour le moment, la relation qu’on a eue avec l’Autorité pour ce qui est de l’opération du retrait des formulaires et des parrainages s’est bien déroulée. On va dire que le démarrage a été bon. Les formulaires ont été retirés sans aucun problème ni encombre. Je pense que sa mission principale est la surveillance des bureaux de vote et de veiller à la régularité de toute l’opération électorale. C’est là où sera visible sa capacité à assumer ses responsabilités. Elle ne peut être jugée qu’après l’accomplissement de tout le processus électoral», explique-t-il. Brahmia estime que «l’avenir sera plus difficile pour l’Autorité». Il a souhaité qu’elle puisse relever le «défi», comme elle l’avait fait pour le référendum sur la Constitution afin de permettre aux Algériens «d’avoir des institutions légitimes». Notre interlocuteur fait savoir que son parti a eu des réponses à toutes les questions posées à l’Anie. Selon lui, il est nécessaire que l’Autorité donne plus d’explications sur certains points restés ambigus, notamment en cette période cruciale de dépôt des candidatures. Il citera l’exemple des jeunes candidats n’ayant pas de carte l’exemptant du service national et les chances de voir leurs dossiers validés. Brahmia indique que l’Autorité doit prouver son efficience, soulignant l’importance de restaurer la confiance entre le citoyen et les institutions élues.
Des manquements à combler…
Djamel Benabdeslam, président du Front de l’Algérie nouvelle, a exprimé, quant à lui, quelques appréhensions. «En dépit du fait qu’elle soit fraîchement instaurée, l’Anie tente d’assumer son rôle, mais il y a lieu de relever certaines erreurs qui nous ont causé des problèmes», dit-il. Il cite notamment le problème du retard accusé dans la fixation des critères de parrainages. «Nous avons perdu des signatures», regrette-t-il. Benabdeslam appelle le président de l’Anie «à obliger les autorités locales à respecter les lois et à résoudre les problèmes techniques qui se posent aux candidats ». Ces quelques couacs ne l’empêchent pas de croire en cette institution qui a fourni des «efforts colossaux pour consacrer le changement escompté». Mohamed Hassene Daouadji,
porte-parole du parti Talai El Houriyatt, a estimé que l’action de l’Autorité, a connu «quelques perturbations». «Le travail de l’Anie est un peu perturbé. Elle a accompli des choses positives surtout concernant la préparation de ce scrutin. Mais il y a eu des erreurs telles que l’absence de coordination entre les wilayas, étant donné que chaque coordinateur adopte une méthode différente à celle des autres. Sans citer le retard accusé en termes d’installation des représentants de l’Autorité, que ce soit sur le plan national ou local.» Et de faire remarquer aussi que l’Anie n’a pas initié des séminaires ou des journées des portes ouvertes pour «une meilleure coordination avec les partis politiques et les candidats afin d’expliquer les nouveautés contenues dans la loi électorale». Notre interlocuteur évoque également la question des délais attribués aux postulants. Selon lui, la collecte de 100 ou 25.000 signatures ne nécessite pas un temps similaire. Daouadji tient à faire remarquer que l’Autorité a certes une petite expérience, mais elle a tout de même beaucoup d’acquis à son actif, lui souhaitant de prouve son «impartialité» lors du dépouillement. Elle se doit aussi et surtout, dit-il, «d’éloigner définitivement l’argent sale de l’opération électorale».
Karima Alloun