FAHB: Du pain sur la planche pour Habib Labane

Fraichement réélu pour un second mandat à la tête de la Fédération algérienne de handball, une mission délicate attend Habib Labane, dont la réélection a été longuement dénoncée par les partisans des deux autres candidats, en l’occurrence Tahar Alioui et Yacine Aliout.

Labane aura du pain sur la planche pour réussir un mandat nettement meilleur par rapport au précédent. Avec les dettes cumulées lors du mandat 2017-2021, Labane devra dans un premier temps trouver les ressources financières pour diminuer l’impact du déficit financier qui avoisine selon des sources les 30 milliards de centimes. Pour ce faire, l’urgence sera d’entamer dès les prochains jours une série de négociations avec les sponsors. Une commission chargée de sponsoring sera d’ailleurs créée selon le président de l’instance fédérale. «Nous sommes conscients que la situation financière nécessite des efforts titanesques de notre part. Nous avons d’ailleurs préparé le terrain pour la création d’une commission chargée du sponsoring. Il est clair que les résultats des équipes nationales, dont les seniors finissent toujours par attirer les sponsors. Nous allons donc faire le nécessaire pour pérenniser nos bons résultats obtenus lors du mandat écoulé», a-t-il déclaré. Toutefois, la difficulté rencontrée lors des quatre années précédentes à ramener un seul sponsor, en dehors de Mobilis convaincu par le ministère de la Jeunesse et des Sports, pousse les spécialistes en la matière à s’interroger sur la capacité du numéro 1 de la FAHB à réussir l’opération. Une démarche qui doit, coûte que coûte, aboutir si la fédération veut régler ses dettes, dont les salaires du sélectionneur national, Alain Portes. Ce dernier semble selon certaines indiscrétions dépité de ne pas avoir perçu un seul salaire depuis le début de sa mission en juillet 2019. D’ailleurs, le technicien français a été, selon une source bien informée, sollicité par la Fédération koweitienne. Une offre alléchante a été proposée pour l’ex-coach des Aigles de Carthage. Outre les arriérés de Portes, les primes des joueurs ayant pris part au Championnat d’Afrique 2020 en Tunisie, au Mondial 2021 en Egypte n’ont toujours pas été versées. Outre l’aspect financier, le climat électrique dans lequel vit la famille de la petite balle demande une réconciliation générale que doit parrainer Labane et son équipe fédérale. Malgré sa réaction prononcée après sa réélection, dont l’appel au rassemblement autour de son projet, le président de la FAHB ne semble pas encore tempérer les ardeurs de ses opposants. La majorité de ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir tenu ses promesses lors du premier mandat, d’où la création d’une Ligue nationale, d’un championnat professionnel, sans oublier le paiement des arbitres. Sur ce point, il aura du travail à accomplir pour tenter de rapprocher les points de vue avec ceux qui lui ont tourné le dos lors de l’assemblée élective. Au nombre de 49 votants, ils ont manifesté leur désarroi par rapport à toutes les irrégularités décelées lors du mandat précédent, dont l’assemblée générale ordinaire de l’exercice 2020 avec un bilan financier sans créances ni dettes.
Le changement du système de compétition, l’autre point de discorde
Vu le contexte spécial par rapport à la propagation du coronavirus, le championnat national Excellence pourrait connaître dès la prochaine saison l’augmentation du nombre de clubs. Une décision est actuellement à l’étude pour annuler la rétrogradation et l’accession de neuf clubs en excellence. Ce qui va élever le nombre des pensionnaires de l’élite à 25 clubs. Un changement qui est actuellement remis en cause par plusieurs clubs pour des considérations purement techniques. En matière de niveau, le nombre élevé d’équipes ne fera que freiner le développement du sport collectif le plus titré d’Algérie. L’expérience du mandat 2009-2013 avait d’ailleurs suscité le courroux de plusieurs équipes, notamment ceux qui jouaient les premiers rôles. Outre les nombreux forfaits pour des raisons purement financières, plusieurs matches ont été déséquilibrés. L’autre obstacle est de ne pas avoir un nombre suffisant de paires arbitrales pour officier les 48 matches de la 1re partie de la saison. En somme, le mandat olympique 2021-2024 s’annonce laborieux pour la nouvelle équipe fédérale. Entre situation financière inconfortable et une opposition massive, l’amorce d’une renaissance du handball algérien n’est pas garantie tant que la tension qui y règne n’a pas été régulée.
Adel K.