Abderrahmane Mebtoul, professeur et expert international en économie : «Je travaille beaucoup plus pendant le Ramadhan»

Loin des analyses économiques, Abderrahmane Mebtoul, Professeur des Universités, Docteur d’Etat (1974) en sciences économiques, Expert international, a accepté de partager  avec nous, dans cet entretien express, son quotidien et ses habitudes durant le mois sacré, ce qu’il aime et ce qui le révolte. La visite de ses petits-fils fait son bonheur. Comme exclusivité, il nous a fait part de son projet de rédaction de deux ouvrages à paraître fin 2021.

Jeuner en temps de Covid-19 est-ce vraiment un Ramadhan comme on le connaissait ?
Concernant le jeûne cela  n’influe pas sur la personne physique par rapport aux années précédentes. Cependant par rapport à l’environnement  je ne voyage presque plus, étant pour certaines interventions en vidéoconférence ou par téléphone lorsque je donne des interviews aux médias. Il faut faire attention et garder les distances comme cela est recommandé par les experts  pour se protéger et protéger les autres personnes avec qui nous sommes en contact. Je me suis inscrit par   internet pour me faire vacciner et j’attends depuis plus de deux mois sans réponse.
Qu’est-ce qui a changé pour vous à la maison et à l’extérieur ?
C’est un peu particulier cette année. On accueillera moins de personnes et cela influe sur l’ambiance familiale. Heureusement qu’il y a le téléphone pour amortir le choc. En dehors,  je constate une psychose chez certains ménages de peur  d’une pénurie, psychose amplifiée  par certains réseaux sociaux. En dehors de la  dévaluation du dinar qui influe sur les prix surtout des produits importés, de l’emprise de la sphère informelle qui contrôle les principaux produits de première nécessité, ces achats massifs sont source de gaspillage et du déséquilibre du marché,  amplifiant l’inflation. Toutefois il faut être objectif les prix. Faute d’un système de régulation efficace, les prix ont flambé pénalisant le pouvoir d’achat  surtout des catégories les plus défavorisées.
Qu’est-ce que vous appréciez et qu’est-ce qui vous importune d’habitude durant le mois sacré ?
J’apprécie de voir réunis autour de moi mes enfants et mes petits-enfants, étant grand-père, qui me rendent visite. Ce que je n’apprécie pas c’est de voir des personnes en colère pour rien.De nombreuses disputes dans les rues et au niveau du travail  le relâchement surtout après  13h. Peut-être devrions  adapter les heures de travail selon les régions.

Avez-vous un plat de prédilection et comment passerez-vous vos soirées ?
Je ne  suis pas un grand mangeur. N’ayant plus 20 ans, je demande à El Hadja ma femme des repas très légers en évitant les sucreries, seulement quelques dattes et un verre de lait vers minuit. Je travaille beaucoup plus pendant le  Ramadhan, dormant vers minuit. Dès lors, je me  réveille très tôt, me consacrant  actuellement à la rédaction de deux ouvrages à paraître fin 2021 sur les perspectives de l’Algérie face aux nouveaux enjeux géostratégiques mondiaux et la quatrième révolution économique.
Propos recueillis par Wassila Ould Hamouda