Cherif Benhabilès à Horizons : «Nous plaidons pour une réforme globale de la CNMA»

Le premier ministre Abdelaziz Djerrad a évoqué  lors du forum sur l’investissement  agricole et  agroalimentaire qui   s’est déroulé, récemment, à Alger la  réforme de la caisse nationale de mutualité agricole (CNMA). Une réforme que le directeur général de la Caisse juge nécessaire.
Dans un entretien accordé à Horizons,  Cherif Benhabilès , soutient que la réforme s’avère  une nécessité pour s’adapter aux mutations économiques et financières  et mieux accompagner les agriculteurs. « La CNMA est un  outil indispensable dans la promotion et  le développement d’une politique  agricole et rurale », rappelle-il avant de plaider pour « des réformes globales touchant le fonctionnement de l’organisme en vue d’améliorer ses prestations de services   et son mode de management ».  Mais avant tout il est nécessaire, ajoute-t-il, de revoir la législation  régissant son fonctionnement. «La CNMA doit se métamorphoser pour se mettre au diapason du développement économique car ses statuts datent de 1972», fait-il observer. Sur la lancée, Benhabilès affirme que la CNMA, dans cette optique de changement, œuvre à élargir son champ d’intervention et ne se limitera pas à l’assurance et la sécurité agricole. «Il va falloir aller vers d’autres services comme le  microcrédit et la microfinance pour contribuer pleinement au développement du secteur agricole et rural», précise-t-il. Selon lui le dossier a été traité avec le ministre de l’Agriculture  et va faire l’objet très prochainement d’examen au conseil du gouvernement. «Le projet est fin prêt et nous pourrons être opérationnels très prochainement car les capacités financières et le réseau existent», assure t-il. Et d’ajouter : «La politique agricole ne peut se développer si elle n’est pas accompagnée par des outils financiers très performants».
Microcrédit et microfinance pour les petits exploitants
Qui peut en bénéficier ? Comme l’a annoncé précédemment le ministre de l’agriculture lors de la conférence de presse animée en marge du forum, les crédits mutuels sont destinés aux petits et moyens exploitants.  «Il s’agit d’un montage financier décidé par des professionnels qui viendront  répondre efficacement et très rapidement aux besoins exprimés par les petits et moyens exploitants», précise Benhabilés qui déplore que ces derniers soient exclus de toute protection  financière et sociale. L’autre changement sur lequel la CNMA est attendu est l’amélioration des délais de remboursement des indemnisations. «Pour  rétablir la confiance avec les agriculteurs et augmenter le nombre  d’agriculteurs assurés il faudrait réduire les délais d’indemnisation. C’est  vrai que la CNMA a fait des efforts considérables pour améliorer la qualité des services et accompagner les agriculteurs par l’information et la communication», reconnaît-il avant de relever avec satisfaction que «la culture de l’assurance commence à s’installer chez les fellahs et éleveurs. Ces  cinq dernières  années, une nette évolution a été constatée et, prouesse très importante, le taux de pénétration a atteint 25% chez les agriculteurs», conclut- il.
Bientôt une assurance contre la sécheresse
La CNMA a pour objectif de toucher à des sinistres actuellement inassurables. A cet effet, elle  compte lancer un dispositif «calamité agricole», qui concerne notamment la sécheresse qui menace  investissements et rendement agricole, explique Benhabilès qui fait remarquer que cet aspect est inscrit dans le cadre de la feuille de route du ministère de l’Agriculture qui prône une dimension plus économique qu’administrative». De son côté, l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) salue fortement  ces réformes. Pour son secrétaire national chargé de l’organisation, Abdellatif Dilmi, «ces dernières viennent répondre à nos revendications». «Nous avons toujours, dit-il, appelé à la création d’institutions financières et au lancement des microcrédits pour accompagner les agriculteurs et éleveurs, notamment les petits exploitants».
Wassila  OuldHamouda